Immunité présidentielle : Nicolás Maduro demande l’abandon des poursuites à New York
Détenus à Brooklyn depuis leur arrestation musclée à Caracas en janvier, l'ancien président vénézuélien et son épouse ont déposé mercredi une motion pour faire annuler l'acte d'accusation pour trafic de drogue. Leurs avocats invoquent une règle d'immunité souveraine imprescriptible
C'est un bras de fer judiciaire inédit qui s'ouvre devant la justice fédérale de Manhattan. Dans des documents versés au dossier ce mercredi 2 septembre 2026, la défense de Nicolás Maduro abat sa carte maîtresse : l'immunité de chef d'État. " Aucun tribunal américain n'a jamais présidé le procès pénal d'un dirigeant étranger reconnu par son propre pays comme chef d'État en exercice au moment où les charges ont été portées ", plaident ses conseils, arguant d'une règle de common law [Dans la bouche des avocats de Maduro, l'expression signifie que l'immunité des chefs d'État repose sur des principes fondamentaux et immuables de la tradition juridique anglo-saxonne, consacrés par la jurisprudence historique, et non sur un simple article de loi voté par un congrès.] interdisant de juger un dirigeant hors de ses frontières. Une stratégie similaire a été adoptée pour son épouse, Cilia Flores, également détenue. Ses avocats rappellent que cette protection découle de la souveraineté même du Venezuela, seule habilitée à y renoncer. Les conseils de l'ancien dirigeant, âgé de 63 ans, affirment qu'il " nie farouchement " ces accusations de narcotrafic et qu'un procès prouverait qu'il a été " faussement accusé ".
Une détention sous haute tension dans l'attente du procès
L'affaire, qui s'inscrit dans un dossier instruit depuis six ans contre des co-conspirateurs présumés, doit théoriquement être jugée le 1er juin prochain. Le juge fédéral Alvin K. Hellerstein a d'ores et déjà fixé au 17 novembre les plaidoiries orales concernant cette demande de rejet, tandis que les procureurs fédéraux ont jusqu'à la fin du mois pour répliquer. Depuis leur enlèvement nocturne à leur domicile par les forces spéciales américaines en janvier dernier, le couple est incarcéré dans une prison de Brooklyn. Washington persiste à qualifier cette descente d'" opération chirurgicale d'application de la loi ", balayant les accusations d'enlèvement et le statut de " prisonnier de guerre " revendiqué par l'ancien président.
Un détenu omniprésent sur les réseaux sociaux
Malgré les barreaux et la menace d'une peine de prison à vie pour avoir prétendument aidé des cartels à acheminer des milliers de tonnes de cocaïne aux États-Unis, Nicolás Maduro tente de maintenir le lien avec ses partisans. Dimanche dernier, il a diffusé des clichés de sa cellule sur les réseaux sociaux, exhortant ses sympathisants à garder le cap. " Nous resterons forts, calmes et confiants ", a-t-il martelé sur Telegram, alors même que Caracas, sous la houlette de sa remplaçante par intérim Delcy Rodríguez, brade désormais les ressources pétrolières du pays à marche forcée pour plaire à l'administration Trump.
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