Judo : douze médailles pour la France à Tbilissi, les Ultramarins montent en puissance à deux ans des JO
L'équipe de France a quitté la Géorgie avec douze médailles, dont deux en or, terminant à la deuxième place du classement général des championnats d'Europe. Une performance portée par une délégation de six judokas ultramarins qui, entre révélations et désillusions, dessinent les contours de l'équipe de France de demain.
Avec douze médailles glanées à Tbilissi, deux en or, quatre en argent et six en bronze, les Bleus ont fait mieux qu'en 2025. “Nous sommes satisfaits de ce que nous avons réalisé en Géorgie, grande nation de judo”, s'est félicité Stéphane Nomis, président de la Fédération française de judo. Mais derrière ce bilan flatteur se cachent des trajectoires très différentes pour les six athlètes ultramarins engagés. Entre la confirmation attendue, la surprise et la désillusion, ces championnats d'Europe ont livré des enseignements précieux à deux ans des Jeux de Los Angeles.
La grande satisfaction de ces championnats vient sans doute de Kaïla Issoufi. La Mahoraise de 25 ans, convoquée pour la première fois dans une grande compétition internationale, a immédiatement répondu présent. Dans la catégorie des -78 kg, elle décroche une médaille de bronze pour ses débuts continentaux. Battue en demi-finale par l'Italienne Alice Bellandi, la numéro 1 mondiale, elle affiche un regret mesuré : “Je voulais le titre, mais j'ai perdu contre la meilleure du monde. Pas de regret”. La Mahoraise s'impose comme une candidate sérieuse pour la course au quota olympique qui s'ouvre en juin.
L'autre révélation s'appelle Léa Fontaine. La Réunionnaise de 24 ans, engagée dans la catégorie reine des +78 kg, repart avec la médaille d'argent. Un résultat d'autant plus remarquable que tous les regards étaient tournés vers Romane Dicko, la multiple championne d'Europe et médaillée d'argent aux Jeux de Paris, qui a échoué à se qualifier pour le tableau final. La pression s'est alors soudainement reportée sur les épaules de Léa Fontaine, qui n'a pas tremblé avant la finale. Face à l'Israélienne Raz Hershko, elle a pourtant chuté dès les premières minutes, victime d'une attaque qu'elle pensait avoir corrigée.
Amandine Buchard et Sarah-Léonie Cysique : des médailles malgré les obstacles
Amandine Buchard effectuait son retour sur la scène européenne trois ans après sa dernière participation. La Martiniquaise, double médaillée olympique, a retrouvé le chemin du podium en décrochant l'argent chez les -52 kg. Mais la finale fut impitoyable : face à la Kosovare Distria Krasniqi, numéro 1 mondiale et vice-championne olympique, elle n'a pas réussi à s'imposer. Cette deuxième place, acquise alors qu'elle mène de front un double projet judo et rugby, conforte néanmoins son envie et sa détermination.
Sarah-Léonie Cysique, elle, espérait mieux. Vainqueur du Grand Slam de Paris en février, la Guadeloupéenne de 27 ans visait l'or à Tbilissi. Mais diminuée par une blessure à la main et à un genou, elle a dû composer avec ses moyens du jour. Le bronze qu'elle ramène de Géorgie lui permet au moins de conserver son rang de numéro 1 française dans la catégorie des -57 kg. Un moindre mal pour celle qui avait pris l'argent aux championnats d'Europe 2022.
Joan-Benjamin Gaba : l'apprentissage douloureux du statut de champion
La contre-performance la plus marquante de ces championnats est sans doute celle de Joan-Benjamin Gaba. Le Martiniquais, vice-champion olympique en 2024 et champion du monde en 2025, est reparti de Tbilissi sans la moindre médaille. Battu en demi-finale par le Géorgien Lasha Shavdatuashvili, puis dans le combat pour le bronze par son propre compatriote Dayyan Boulemtafes, âgé de 20 ans, le judoka de 25 ans traverse une zone de turbulence. Quant au Calédonien Alexis Mathieu, engagé chez les -90 kg, son parcours s'est arrêté dès les huitièmes de finale, battu par le Serbe Nemanja Majdov, numéro 7 mondial. Une sortie précoce qui rappelle que, malgré les belles promesses, la route vers Los Angeles reste longue pour certains.
Ce que ces championnats disent de la génération 2028
À deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles et alors que la course au quota s'ouvre en juin, ces championnats d'Europe ont livré plusieurs enseignements. La relève est là, avec Kaïla Issoufi et Léa Fontaine qui frappent à la porte. L'expérience résiste, avec Amandine Buchard et Sarah-Léonie Cysique qui continuent de ramener des médailles malgré les obstacles. Mais la fragilité du statut de champion est aussi apparue au grand jour, avec les difficultés de Joan-Benjamin Gaba à assumer son nouveau rôle de leader.
Pour les six Ultramarins engagés, Tbilissi restera une étape contrastée. Mais une certitude : ils seront tous, à des titres divers, des pièces essentielles du dispositif tricolore dans la course vers 2028. Et si les médailles glanées en Géorgie ne pèsent pas encore le poids de l'or olympique, elles dessinent déjà les contours de l'équipe de France de demain.
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