« Do an mwen sé fèy a madè », une façon de dire qu'on est au-dessus des cancans. Mais les ragots, quand ils circulent, laissent rarement indemne.
Un mot glissé à l'oreille, un regard échangé, une
arrivée remarquée, un départ qui surprend, une scène qui fait
parler... Et tout s'enclenche. À peine monté en voiture après avoir
été pris en stop, un homme lance au détour de la
conversation : « I ni on gwo kaz Lamantin é yo di sé
isidan i vé vini fè la lwa ». Au coin d'une rue, appuyé contre
une voiture, une voix lâche : « Il fait genre avec untel mais
en vrai, c'est l'autre qu'il soutient. » Sur un groupe
WhatsApp, les messages s'enchaînent, le ton monte : « Sé on
pwofitè malmaké ! I té pou konstwui kaz a on manzèl é i pati avè
tout lajan ay ». En quelques minutes, l'histoire circule,
enfle, change de forme. Elle peut être vraie, déformée, voire
complètement fausse, née d'une observation banale ou d'un simple
doute.
Ces dernières semaines, il était difficile d'y
échapper. Dans la rue, en famille, dans les discussions du
quotidien, les kankan étaient partout. Après les meetings
politiques, les échanges se prolongeaient dehors. On commente, on
analyse et très vite, une information est reprise, discutée, puis
circule au-delà du cercle initial. Même scène à la sortie de la
messe ou de l'école. Jeudi dernier, près d'une vingtaine
d'habitants de Bouillante s'est réunie autour de Frantz César,
psychologue, psychothérapeute et formateur professionnel, pour
réfléchir à une question concrète : comment...
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