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La crise au Moyen-Orient fait trembler les pompes françaises

02 March 2026
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Ce lundi 2 mars, le prix du baril a brièvement franchi la barre des 82 dollars avant de se stabiliser autour de 78 dollars. En cause : les frappes contre l'Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite 20% du pétrole mondial.

C'est un nom géographique qui fait frémir tous les traders de la planète. Le détroit d'Ormuz, cette étroite voie d'eau large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et la péninsule arabique, est devenu l'épicentre d'une crise énergétique majeure. Après l'attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d'Oman, l'Iran a menacé de fermer ce passage stratégique. Une menace qui suffit à affoler les marchés. L'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région. Conséquence immédiate : les primes d'assurance ont explosé et les principales compagnies ont annoncé suspendre leurs traversées, entraînant un arrêt quasi total du trafic.

20% du pétrole mondial en suspens

Les chiffres donnent le vertige. Près de 20% de la consommation mondiale de pétrole, soit environ 20 millions de barils par jour, transite normalement par ce détroit. C'est dire si son blocage a des répercussions planétaires. Vers 7h30 ce lundi matin (heure de Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'envolait de 7,56% à 78,37 dollars, après avoir ouvert à plus de 82 dollars dans la foulée du week-end. Le baril de WTI nord-américain gagnait lui 7,21% à 71,82 dollars. Une flambée qui s'inscrit dans une tendance lourde : vendredi déjà, le Brent s'affichait à 72 dollars, loin des 61 dollars du début d'année.

La crise ne se limite pas au pétrole. Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment en provenance du Qatar, transitent également massivement par la région. L'annonce par la compagnie énergétique publique QatarEnergy de l'arrêt de sa production de GNL a fait exploser les prix du gaz européen. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait en hausse de plus de 39% lundi matin. Une envolée qui pourrait rapidement se traduire sur les factures des ménages et des entreprises.

Des conséquences directes à la pompe en France

Pour les automobilistes français, la mauvaise nouvelle est simple : le prix des carburants devrait mécaniquement suivre cette courbe ascendante dans les prochains jours. Si le conflit devait se prolonger et le blocage du détroit d'Ormuz s'installer dans la durée, la dynamique haussière pourrait s'amplifier considérablement. Au-delà des hydrocarbures, ce sont aussi des tonnes de matières premières et d'engrais qui transitent par cette zone stratégique. Une crise prolongée aurait donc des répercussions bien au-delà du seul secteur énergétique, avec des risques d'effets domino sur l'ensemble de l'économie mondiale.

Les analystes le rappellent : le marché avait déjà progressivement intégré une prime de risque géopolitique ces dernières semaines, le baril passant de 61 dollars en début d'année à 72 dollars vendredi. Mais l'escalade du week-end et la menace sur le détroit d'Ormuz ont brutalement accéléré le mouvement. Reste à savoir si l'Iran pourra réellement traduire sur le long terme sa menace de fermeture du détroit. Mais dans l'immédiat, l'incertitude et la peur suffisent à faire flamber les cours et à faire craindre le retour d'une crise énergétique majeure, dans une Europe déjà fragilisée par les tensions sur les prix.