“ L'accord signé par Saint-Kitts-et-Nevis marque le troisième domino à tomber dans la région en moins de trois semaines. Pour comprendre la portée de cet engagement, il faut observer le "bras de fer" qui l'a précédé.
Le 16 décembre 2025, la Maison-Blanche a frappé fort en imposant des restrictions de visas (Travel Ban) partielles à deux pays : Antigua-et-Barbuda et la Dominique. Le motif officiel concernait leur programme de "Citoyenneté par l'Investissement" (CBI), jugé trop poreux par Washington.
La réaction en chaîne : Face à la menace de voir leurs citoyens interdits de sol américain, ces pays ont dû négocier. Le "troc" diplomatique : En échange de la levée (ou de la non-application) de ces sanctions, Washington a exigé que ces îles servent de "pays tiers de rapatriement" pour des migrants non-originaires de l'archipel.
Trois pays, une même stratégie
Saint-Kitts-et-Nevis rejoint un groupe de pays ayant désormais accepté de devenir des plateformes logistiques pour les expulsions américaines :
- Dominique, le 5 janvier 2026, accord signé par Roosevelt Skerrit pour tenter de renverser le bannissement de visa effectif au 1er janvier ;
- Antigua-et-Barbuda, le 6 janvier, le 1er ministre Gaston Browne a "capitulé" (selon l'opposition locale) suite aux restrictions de voyage imposées en décembre.
- Saint-Kitts-et-Nevis n'était pas encore sous sanctions directes mais a choisi de signer (le 8 janvier) pour "renforcer les relations bilatérales" et éviter de subir le sort de ses voisins.
Les enjeux stratégiques pour Saint-Kitts-et-Nevis
Le Premier ministre Terence Drew tente de présenter cet accord comme une collaboration "souveraine", mais plusieurs points soulignent la fragilité de cette position :
L'exception haïtienne : Le refus d'accueillir des Haïtiens est une clause de survie politique interne. La région craint par-dessus tout une déstabilisation démographique liée à la crise en Haïti ;
Le financement américain : Washington prend en charge les coûts. Pour ces petits États, c'est une manne financière indispensable, mais elle crée une dépendance logistique envers le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) ;
Le pouvoir discrétionnaire : Bien que Drew affirme pouvoir refuser certains profils, la réalité des rapports de force suggère que Saint-Kitts-et-Nevis aura peu de marge de manœuvre si Washington insiste pour vider ses centres de rétention ;
Il a d'ailleurs parallèlement annoncé une réforme radicale de son programme de “Citoyenneté par l'Investissement", le même jour pour exiger une résidence physique réelle, afin d'éviter d'être la prochaine cible des sanctions américaines.
Une fracture au sein de la CARICOM
Cette série d'accords bilatéraux brise l'unité de la CARICOM. Alors que des pays comme le Guyana ou la Trinidad-et-Tobago résistent encore (ou négocient des conditions plus strictes liées à la compétence professionnelle des migrants), les îles de l'OECO (Organisation des États de la Caraïbe Orientale) semblent agir en ordre dispersé pour protéger leur accès au sol américain et la survie de leurs programmes de passeports.
Related News
Atelier du futur papa : du père invisible au père indispensable
Il violente sa femme enceinte de sept mois et récidive
La MMG Guadeloupe lance les Prix « Générations Solidaires » pour soutenir l'innovation...