La Dominique et Antigua-et-Barbuda deviennent des “ relais “ migratoires pour les États-Unis
Dans un contexte de durcissement drastique de la politique migratoire américaine sous l'administration Trump, le Premier ministre de la Dominique Roosevelt Skerrit a confirmé hier (lundi 5 janvier), la signature d'un accord bilatéral autorisant la réinstallation sur son sol de ressortissants de pays tiers dont les États-Unis ne peuvent assurer l'expulsion vers leur État d'origine.
Cet accord ne survient pas dans un vide diplomatique. Il fait suite à la proclamation américaine du 16 décembre dernier, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, imposant des restrictions partielles de visas aux citoyens dominiquais. Washington reproche notamment à Roseau son programme de “ citoyenneté par investissement “ (CBI), jugé trop opaque et propice à l'infiltration de profils à risque.
En acceptant d'accueillir des réfugiés ou des migrants “ inexpulsables “ par les États-Unis vers leur pays d'origine, la Dominique tente manifestement de regagner les faveurs de son puissant voisin et de préserver la liberté de circulation de ses propres ressortissants.
Souveraineté et sécurité nationale
Face aux critiques potentielles, le Premier ministre dominiquais Roosevelt Skerrit a multiplié les gages de fermeté. Il assure que cet accueil sera strictement encadré par des protocoles de sécurité visant à écarter tout profil “ violent “ ou susceptible de déstabiliser l'équilibre social de l'île. “ Nous avons examiné avec la plus grande attention la nécessité d'éviter d'accueillir des individus susceptibles de compromettre la sécurité de la Dominique “, a martelé le Premier ministre. Le gouvernement mise sur une coopération technique accrue avec les agences américaines pour s'assurer que les personnes relocalisées ne compromettent pas la stabilité de l'île.
Une stratégie de survie régionale : Une diplomatie sous contrainte ?
Pour la Dominique, l'enjeu dépasse la simple question migratoire. Il s'agit de garantir le maintien de ses investissements dans les infrastructures nationales (santé, logement, éducation) en évitant l'isolement diplomatique. En se positionnant comme un “ partenaire volontaire et fiable “, le gouvernement espère obtenir une révision rapide des restrictions de visas qui pèsent sur ses citoyens. L'accord illustre une tendance croissante dans la région : l'externalisation de la gestion migratoire américaine vers de petites nations insulaires, transformées en zones tampons en échange du maintien de liens bilatéraux vitaux.
La Dominique n'est pas la seule concernée. D'autres États caribéens, comme Antigua-et-Barbuda, font l'objet de pressions similaires. Face aux restrictions de visas imposées par l'administration Trump le 1er janvier 2026, le Premier ministre Gaston Browne a conclu un accord de coopération stratégique avec Washington. Saint John's accepte d'accueillir des réfugiés ou expulsés “ non-criminels “ dont les États-Unis ne peuvent assurer le retour. Le gouvernement conserve un droit de veto absolu sur chaque profil et exige un partage strict de renseignements.
Ce partenariat vise à restaurer la confiance diplomatique et à préserver la liberté de voyager des citoyens d'Antigua, tout en sécurisant le financement des services publics de l'archipel. Roosevelt Skerrit a d'ailleurs appelé à l'unité nationale et régionale, soulignant que cette “ coopération responsable “ est, selon lui, la seule voie pour maintenir le bien-être économique des populations insulaires face aux nouvelles exigences sécuritaires de la puissance nord-américaine.
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