La Grenade renforce sa résistance à l’érosion côtière grâce à un partenariat avec le Royaume-Uni
Confrontée à la montée du niveau de la mer et à des cyclones de plus en plus intenses, la Grenade bénéficiera d'un programme de coopération inédit avec le Royaume-Uni. L'objectif est de fournir des données précises, de former les populations locales et d'anticiper les conséquences du changement climatique sur les zones côtières.
Réputée pour ses plages et sa biodiversité, cette île des Caraïbes subit une érosion côtière grandissante. En réponse, une nouvelle collaboration avec le Royaume-Uni permettra de pallier le manque de données et de développer les compétences locales grâce à des technologies innovantes. Le projet bénéficiera à des milliers de riverains dont les activités et le cadre de vie dépendent du littoral. Mis en place par la plateforme britannique d'assistance technique pour les économies bleues durables, il cible en priorité les zones de St Patrick, Carriacou et Petite Martinique. Les habitants y apprendront à utiliser des drones et des systèmes de navigation par satellite pour suivre l'évolution du trait de côte.
La démarche repose sur un principe de " formation des formateurs ", impliquant des organisations non gouvernementales, des jeunes et des associations de femmes, afin de garantir une autonomie durable des communautés dans la collecte et l'analyse des données. Du matériel spécialisé, récepteurs GPS, drone de relevé, logiciels de photogrammétrie, sera également mis à disposition pour enrichir les bases de données nationales.
Un projet aux enjeux économiques et climatiques majeurs
Cette initiative répond à la vulnérabilité croissante du territoire. En 2023, l'ouragan Beryl a causé des dommages estimés à 218 millions de dollars, soit 16,5 % du PIB, affectant particulièrement Carriacou et Petite Martinique. Jusqu'ici, l'absence de données fiables à l'échelle nationale limitait la capacité des autorités à anticiper et à planifier. Grâce à des séries de données couvrant de 15 à 70 ans, les décideurs disposeront désormais d'éléments concrets pour préserver les infrastructures essentielles, telles que les marchés à poisson, les routes, les chantiers navals ou les zones touristiques.
Pour les autorités grenadiennes, ce partenariat constitue une avancée stratégique. Kerryne James, ministre de la Résilience climatique, souligne que ces outils permettront de promouvoir des solutions fondées sur la nature tout en protégeant des secteurs clés comme la pêche et le tourisme. Le Royaume-Uni met quant à lui l'accent sur un projet alliant innovation technologique et autonomisation locale. Selon le haut-commissaire britannique Victor Clark, l'accès à des données fiables est un levier essentiel pour renforcer la résilience climatique et faciliter l'accès aux financements internationaux.
Une coopération ancrée dans le développement durable
Ce programme s'inscrit dans le Plan national de développement durable 2035 de la Grenade et participe d'une stratégie globale d'adaptation au changement climatique. Il illustre également une forme de coopération internationale tournée vers la protection des populations les plus exposées dans une région particulièrement vulnérable aux aléas climatiques. Pour les habitants de St Patrick, Carriacou et Petite Martinique, ce projet représente une promesse : mieux anticiper, mieux se protéger et préserver un littoral qui constitue à la fois leur patrimoine, leur outil de travail et leur cadre de vie. Grâce à la technologie et à la formation, l'ambition est de transformer la vulnérabilité en résilience.
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