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La Guadeloupe retrouve le chemin d’Antigua : une liaison aérienne directe rouvre après six ans

17 April 2026
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Plus aucun vol direct ne reliait la France à Antigua-et-Barbuda depuis 2019. Cette anomalie prendra fin le 1er mai prochain grâce à la compagnie Liat, qui desservira l'île voisine depuis la Guadeloupe. Le gouvernement français a présenté un projet de loi pour formaliser les accords aériens entre les deux pays.

C'était un vide dans la carte aérienne de la Caraïbe. Depuis 2019, aucune compagnie n'assurait de liaison directe entre la France et Antigua-et-Barbuda, ce petit État du Commonwealth situé à quelques encablures de la Guadeloupe. Une situation d'autant plus paradoxale que les deux territoires sont voisins et entretiennent des liens historiques, économiques et culturels. D'ici le 1er mai 2026, ce trou sera comblé. La compagnie régionale Liat (Leeward Islands Air Transport) proposera une liaison directe au départ de la Guadeloupe vers Antigua-et-Barbuda. Une nouvelle saluée par la société aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbes (SAGPC), gestionnaire de l'aéroport Maryse Condé, qui voit dans cette reprise un signal fort pour la mobilité régionale.

Ce mercredi 15 avril 2026, en conseil des ministres à Paris, le gouvernement a franchi une étape supplémentaire. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, a présenté un projet de loi visant à mettre en application les accords sur les services aériens entre la France et Antigua-et-Barbuda. Ce texte n'est pas une surprise : il entérine un accord déjà signé à Saint-John's, la capitale d'Antigua-et-Barbuda, le 28 mars 2022. Plus de quatre ans après, le gouvernement français concrétise donc cet engagement par un projet de loi d'application. Un délai qui témoigne de la complexité administrative mais aussi, sans doute, des priorités politiques de ces dernières années.

Trois ambitions pour renforcer la connectivité régionale

Derrière ce projet de loi, trois objectifs majeurs sont affichés. D'abord, réglementer les relations aériennes entre la France et Antigua-et-Barbuda, jusqu'ici assez floues. Ensuite, sécuriser les opérations aériennes, en fixant des règles claires pour les compagnies qui opéreront sur cette liaison. Enfin, développer de nouvelles liaisons tout en renforçant la connectivité régionale des Antilles françaises, à savoir la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Ce dernier point est essentiel. Pour les territoires français de la Caraïbe, mieux connecter signifie aussi mieux exister économiquement et touristiquement. Une liaison avec Antigua, c'est une porte ouverte vers le reste du Commonwealth et vers des marchés jusqu'ici difficiles d'accès.

Concurrence loyale, équilibre et réciprocité

Le projet de loi insiste sur des principes qui pourraient sembler techniques mais qui sont en réalité fondamentaux : la concurrence loyale, l'équilibre et la réciprocité entre les transporteurs aériens français et antiguayens. Concrètement, il s'agit d'éviter qu'une compagnie ne bénéficie d'avantages induits par rapport à l'autre. Les négociations, entamées en 2021, ont justement permis de poser ces garde-fous. L'objectif est double : permettre à des compagnies françaises de retrouver les pistes de Saint-John's, mais aussi garantir que les transporteurs locaux puissent opérer dans des conditions équitables.

Le ciel n'est pas le seul espace à se rapprocher. La France et Antigua-et-Barbuda avaient déjà signé un accord maritime en mars 2017, resté jusqu'ici peu exploité. Ce nouvel élan aérien pourrait lui donner un second souffle. Plus localement, la région Guadeloupe et la collectivité territoriale de Martinique ont également paraphé, avec Antigua-et-Barbuda, des coopérations dans des domaines variés : tourisme, santé, culture, éducation et agriculture. Autant de secteurs où les échanges étaient jusqu'ici limités par l'absence de liaisons régulières. Avec la reprise des vols, ces coopérations pourront enfin prendre corps.

Un pas vers l'intégration régionale des Antilles françaises

Pour la Guadeloupe et la Martinique, ce projet de loi et la réouverture de la liaison avec Antigua représentent bien plus qu'une simple ligne aérienne. C'est une reconnaissance de leur place dans l'échiquier caribéen. Pendant des années, les territoires français ont parfois été perçus comme tournés exclusivement vers l'Hexagone, au détriment de leur environnement régional immédiat. Avec ce texte porté par Jean-Noël Barrot, le gouvernement envoie un signal inverse. La France, via ses Antilles, veut renforcer son ancrage caribéen. Et Antigua-et-Barbuda, voisin immédiat mais jusqu'ici mal relié, devient un partenaire privilégié.

Reste maintenant à attendre le 1er mai pour voir les premiers avions de Liat décoller de Pointe-à-Pitre vers Saint-John's. Et, espèrent les autorités, d'autres compagnies suivront.