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La Réunion : un octogénaire hélitreuillé après un malaise sur le sentier interdit de la coulée de lave

20 March 2026
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Panneaux "danger mortel", barrières, sens interdit : rien n'arrête les curieux sur le sentier de la coulée. Ce vendredi, un octogénaire a dû être hélitreuillé après un malaise. Au lendemain du sauvetage de dix autres personnes dans la même zone interdite.

Il y a des avertissements que certains choisissent délibérément d'ignorer. À La Réunion, la fascination pour le spectacle volcanique semble plus forte que la peur. Ce vendredi matin, malgré une signalétique renforcée et une interdiction claire de quitter la RN2, de nombreux curieux ont emprunté le sentier qui descend vers l'endroit où la coulée de lave rejoint l'océan. Une imprudence qui a failli tourner au drame. Sur le bord de la route nationale 2, les panneaux sont pourtant explicites. "Éruption en cours - Danger mortel - Pour votre sécurité, tous les sentiers sont fermés", peut-on lire sur la barrière qui bloque l'accès. Pictogrammes à l'appui, les dangers sont clairement énumérés : chutes, gaz toxiques et risque d'asphyxie, roches instables, submersion par les vagues, brûlures graves.

Plus loin, un autre panneau de signalisation "sens interdit" a été placé au milieu du sentier. Rien n'y fait. Ce vendredi matin, des dizaines de promeneurs ont défié ces avertissements pour s'approcher au plus près de la coulée, attirés par le spectacle hypnotique de la lave rencontrant l'océan.

Un octogénaire victime de la chaleur et des gaz toxiques

Parmi eux, un homme de 80 ans a payé cher cette imprudence. Sous un soleil de plomb, mal équipé pour une telle randonnée, il a commencé à faire le chemin du retour. Mais la pente, la chaleur étouffante et l'air saturé de gaz toxiques ont eu raison de ses forces. Victime d'un malaise, l'octogénaire n'a pas pu regagner la route par ses propres moyens. Le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) a dû intervenir en urgence. L'homme a été hélitreuillé et évacué vers une zone sécurisée. Selon les secours, lui et sa famille sont partis sans barres énergétiques ni encas, avec seulement un peu d'eau. Aucun aliment sucré n'était prévu pour "remotiver" l'organisme en cas de fatigue. Une imprudence supplémentaire dans un environnement particulièrement hostile.

Dix personnes secourues la veille

Ce nouveau sauvetage intervient alors que, jeudi, la préfecture de La Réunion avait annoncé le renforcement des mesures déjà prises concernant l'interdiction de quitter la RN2. Une signalétique renforcée avait été installée, dans l'espoir de dissuader les plus téméraires. Mais ces efforts n'ont visiblement pas suffi. Hier, dix personnes ont déjà dû être secourues par le PGHM dans cette même zone interdite, après s'être égarées à proximité de la coulée. Des interventions qui mobilisent des moyens importants et exposent les secouristes à des risques eux aussi considérables.

Face à cette répétition des comportements dangereux, les autorités locales ne cachent pas leur exaspération. Chaque jour, des curieux s'aventurent sur des sentiers officiellement fermés, sous-estimant les dangers bien réels que présente une éruption volcanique active. Les risques sont multiples : projection de roches, gaz toxiques pouvant provoquer une asphyxie rapide, effondrements de falaises, submersion par les vagues et bien sûr, brûlures graves au contact de la lave encore incandescente. À cela s'ajoutent les conditions climatiques, avec une chaleur accablante qui peut rapidement provoquer des malaises, comme en a fait l'expérience cet octogénaire.

Les secours rappellent que ces zones ne sont pas des lieux de promenade et que l'interdiction d'accès vise avant tout à protéger la vie des curieux. Malgré les panneaux, les barrières et les appels à la prudence, certains continuent de prendre des risques inconsidérés, mettant en danger leur propre vie et celle des équipes de secours dépêchées sur place.