Laurent Petit exclu du Rassemblement National après des images jugées dégradantes
Ce week-end du 21 mars, Laurent Petit, investi par le Rassemblement National à Saint-François, a été immédiatement exclu du parti après la diffusion d'images jugées "totalement incompatibles avec les valeurs du mouvement". Entre mise au ban politique et tentative d'excuses, la polémique enfle dans la commune.
L'élection municipale de Saint-François a eu lieu. Laurent Petit, candidat investi par le Rassemblement National, a été battu. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Ce week-end, une vidéo a commencé à circuler sur les réseaux sociaux, provoquant une onde de choc dans la sphère politique locale. Sur la vidéo, diffusée initialement sur un groupe WhatsApp avant d'être largement partagée, Laurent Petit apparaît sur une plage en compagnie d'une dizaine de personnes. Le groupe met en scène de manière dégradante ses adversaires politiques aux élections municipales. Les images sont explicites : des bulletins de vote d'opposants sont brandis. Certains protagonistes font des gestes obscènes. Pire encore, des professions de foi d'adversaires politiques sont utilisées pour s'essuyer le postérieur. Une mise en scène qui a immédiatement suscité une vague d'indignation.
Dès le 22 mars, le Rassemblement National Fédération de Guadeloupe a publié un communiqué cinglant. Le bureau du parti a pris connaissance des images avec "la plus grande fermeté". Le constat est sans appel : ces comportements sont "totalement incompatibles avec les valeurs du Rassemblement National, avec notre engagement pour le respect, la dignité et la République".
Les sanctions sont tombées immédiatement :
- Mise à l'écart immédiate de Laurent Petit de toutes ses fonctions
- Retrait du poste de responsable de la commune de Saint-François
- Radiation immédiate de la fédération
- Ouverture d'une procédure disciplinaire formelle qui conduira à son exclusion définitive
Le parti ajoute un élément qui alourdit encore le dossier : "Il convient de rappeler que le bureau avait déjà l'intention, avant même la diffusion de ces vidéos, d'engager une procédure devant la commission des conflits au regard de son comportement douteux et infidèle observé par ailleurs."
Laurent Petit se défend et s'excuse
Face à la polémique, Laurent Petit a publié un long communiqué pour tenter de calmer le jeu. Sa défense repose sur plusieurs arguments. D'abord, il assure que la vidéo n'a pas été publiée par lui-même, mais par une personne chargée de gérer son compte Facebook. "Dès que j'en ai eu connaissance, j'ai immédiatement procédé à sa suppression", précise-t-il. Ensuite, il contextualise la scène : la vidéo correspond à "un moment strictement privé et festif, capté sur une plage, dans un contexte qui ne relevait en rien de l'action politique publique". Elle avait été partagée dans un groupe WhatsApp regroupant ses colistiers, "dans un cadre informel", avant d'être diffusée plus largement par des personnes "manifestement mal intentionnées".
Laurent Petit évoque également un élément de contexte qu'il juge important : au cours de cette journée, il dit avoir été "la cible d'attaques verbales répétées de la part d'opposants présents à proximité", une situation qui aurait fini par se tendre "au point de frôler l'affrontement physique". Il reconnaît néanmoins que cette situation, "même issue d'un cadre privé et diffusée sans mon accord, a pu choquer, décevoir et troubler". Il présente ses "excuses les plus sincères" à ses colistiers, ses électeurs et "à toutes celles et ceux qui ont pu être affectés".
Un double discours dénoncé par le RN
Le parti, de son côté, a également pointé un autre élément qui a pesé dans sa décision. Dans une autre vidéo, Laurent Petit affirmait "n'être d'aucun parti", niant ainsi son engagement et son investiture par le Rassemblement National. "Un tel double discours et une telle infidélité envers le mouvement et ses militants sont inacceptables et constituent une trahison caractérisée, qui d'ailleurs ne lui a pas prospéré", écrit le bureau de la fédération. Dans son communiqué, Laurent Petit rappelle pourtant qu'il avait informé dès janvier la direction du RN de sa volonté de se présenter "sans étiquette politique". Une information qu'il confirme avec la mention d'un courrier qu'il dit avoir envoyé. "Mon engagement était clair : rassembler, au-delà des clivages et travailler dans un esprit d'ouverture au service de tous les Saint-Franciscains", écrit-il.
Dans son texte, Laurent Petit dénonce également les conséquences personnelles de cette polémique. "Aujourd'hui, toute ma famille est la cible d'attaques personnelles et de propos de haine, et je suis moi-même victime d'attaques personnelles répétées", écrit-il, demandant que ces comportements "cessent immédiatement".
Une affaire qui ne restera pas sans suite
Le Rassemblement National a réaffirmé son "attachement intransigeant au respect des personnes, à la loyauté envers le mouvement, à la lutte contre toutes les formes de violence verbale ou physique, et à une exemplarité irréprochable de ses responsables, candidats et militants". Aucun compromis, promet le parti, ne sera fait sur ces principes. L'exclusion définitive de Laurent Petit, désormais engagée dans une procédure disciplinaire formelle, ne fait guère de doute. Reste désormais à savoir si l'affaire aura d'autres répercussions, judiciaires ou politiques, pour le candidat battu de Saint-François.
Related News
Le Moule : restriction de la consommation d'eau dans plusieurs secteurs
Travaux sur la Voie verte à Jarry : circulation perturbée jusqu'au 19 mars
Des travaux à l'entrée de la cité Guillard