Taicaraya, un jeune lamantin suivi de près par la communauté scientifique a été retrouvé sans vie ce vendredi (2 janvier) dans la mangrove du Moule. Si aucun élément ne laisse présager une cause non naturelle, des investigations approfondies vont être menées afin de comprendre les circonstances de ce décès prématuré.
Ce vendredi (2 janvier 2026), un particulier a alerté les autorités après avoir repéré la dépouille d'un lamantin flottant dans la mangrove, sur le territoire de la commune du Moule. Des agents de l'État, habilités en matière de protection de l'environnement, se sont rapidement rendus sur place afin de sécuriser la zone et procéder aux premières constatations.
L'animal a ensuite été transporté au port du Moule, où des observations initiales ont permis de confirmer son identité. Grâce à des marques de reconnaissance, les équipes ont établi qu'il s'agissait de Taicaraya, un lamantin bien connu des scientifiques et des acteurs de la protection du milieu marin. Aucune trace visible ne suggère, à ce stade, une mort liée à une cause non naturelle.
Taicaraya appartenait à la sous-espèce Trichechus manatus manatus, classée en danger d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sa présence en Guadeloupe avait suscité un vif intérêt, tant pour sa rareté que pour les enseignements scientifiques qu'elle permettait.
Un parcours sous étroite surveillance scientifique
Originaire de Porto Rico, Taicaraya avait été relâchée dans son milieu naturel le 28 janvier 2025, à l'âge de cinq ans, après avoir passé ses premières années dans un centre spécialisé. Équipée d'une balise GPS lors de sa remise en liberté, celle-ci s'était toutefois détachée seulement cinq jours plus tard, compliquant son suivi.
Début juillet 2025, la lamantine avait réapparu de manière inattendue en Guadeloupe, à plus de 500 kilomètres.
Face à cet événement exceptionnel, un protocole de suivi spécifique avait été mis en place. Il associait l'Observatoire PELAGIS, le réseau local de gestion des échouages de mammifères marins, le sanctuaire AGOA, l'association Capture and Release, la DEAL, ainsi que de nombreux experts nationaux et internationaux, notamment de Porto Rico, du Mexique et des États-Unis.
Taicaraya avait été observée à plusieurs reprises, notamment à partir du 28 septembre 2025 au Moule, puis une dernière fois le 10 décembre dernier. Lors de ces observations, aucun signe inquiétant n'avait été relevé : ni amaigrissement, ni comportement anormal, ni signe de détresse apparente.
Malgré l'absence d'indices visibles suggérant une intervention extérieure, la mort prématurée de Taicaraya conduit les autorités à engager des analyses complémentaires. Une autopsie sera notamment réalisée afin de déterminer les causes exactes du décès. La dépouille de l'animal sera conservée le temps nécessaire à ces investigations, qui pourraient apporter de précieuses informations pour la connaissance et la protection de cette espèce menacée.