Le président Terrance Drew justifie la reconduction de la Secrétaire Générale, Carla Barnett, face au boycott trinidadien
Par Jacques VILUS

La présidence de la Communauté caribéenne (Caricom) s'attache à circonscrire la crise diplomatique déclenchée par Trinidad-et-Tobago. À l'issue d'une réunion d'urgence convoquée le 10 avril 2026, le président en exercice de l'organisation et Premier ministre de Saint Kitts-and-Nevis, Terrance Drew, a détaillé la conformité juridique du processus ayant mené au renouvellement du mandat de la secrétaire générale, Carla Barnett.
Cette justification factuelle répond directement à la Première ministre Trinidadienne, Kamla Persad-Bissessar, qui fustige une manœuvre qu'elle qualifie de clandestine et maintient une posture de boycott institutionnel.
Le nœud du litige remonte au sommet régional de la fin février. Terrance Drew souligne que l'ensemble des États membres avait reçu et validé préalablement l'ordre du jour incluant le sujet du secrétariat général. La controverse repose intégralement sur l'absence de la délégation de Trinidad-et-Tobago lors des délibérations. Kamla Persad-Bissessar a quitté la conférence de Saint-Kitts-et-Nevis le 25 février au soir, avant la session décisive du 26 février. Les communications dévoilées par la présidence font état d'un échange survenu le 25 février à 22h33 : le ministre des affaires étrangères trinidadien, Sean Sobers, a contacté le secrétariat général par messagerie pour confirmer son droit de représenter son gouvernement. Autorisé à siéger, le ministre a néanmoins invoqué le mal de mer, actant l'absence totale de représentation de son pays lors des votes sur la gouvernance et le financement.
L'intégration régionale à l'épreuve
La reconduction de Carla Barnett a été prononcée collectivement par les chefs d'État présents, la secrétaire générale ayant quitté la salle en stricte application de l'article 24 du traité révisé de Chaguaramas. L'exécutif de la Caricom précise avoir vainement tenté d'informer la première ministre trinidadienne de cette décision avant l'annonce publique, se résignant finalement à contacter son ministre des affaires étrangères. Pour éviter l'enlisement et répondre aux lacunes soulevées par cette séquence, l'organisation a acté la formation d'un sous-comité réunissant la Barbade, la Dominique, le Guyana et la Jamaïque. Sa mission consiste à expertiser les mécanismes opérationnels et financiers des institutions de la Caricom. Alors que les tractations se poursuivent en coulisses pour convaincre Port-d'Espagne de lever son boycott, Terrance Drew met en garde contre la méthode trinidadienne, soulignant que l'étalage public des différends internes porte directement atteinte à la solidité de l'intégration régionale en cours.
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