En choisissant de maintenir l'appareil d'État chaviste via Delcy Rodríguez plutôt que de soutenir l'opposition démocratique, l'administration Trump applique une doctrine de " stabilité autoritaire ". Au cœur de ce choix : une note confidentielle de la CIA.
Une évaluation secrète de la CIA a été le facteur décisif avant le lancement de l'opération Absolute Resolve (nom de code du raid militaire mené par les États-Unis au Venezuela le samedi 3 janvier 2026 pour la capture du Président vénéuélien Nicolas Maduro ). Son constat est sans appel : installer María Corina Machado ou Edmundo González au pouvoir aurait nécessité un engagement militaire terrestre massif et prolongé des États-Unis.
Le risque : L'armée vénézuélienne (FANB) aurait basculé dans l'insurrection armée, entraînant le pays dans une guerre civile sanglante et imprévisible.La recommandation : Éviter à tout prix de "casser" l'appareil sécuritaire pour ne pas répéter le désastre de l'invasion de l'Irak.
Le spectre de la “ débaathification “ irakienne
L'équipe de sécurité nationale (Miller, Hegseth, Rubio) a été hantée par le précédent de 2003. En Irak, l'exclusion des cadres du parti de Saddam Hussein avait alimenté l'insurrection. Après la chute de Saddam Hussein, l'administrateur américain Paul Bremer a signé le décret n°1. Ce décret interdisait à tout membre du parti Baas (le parti de Saddam) d'occuper un emploi public. En complément, l'armée irakienne avait été dissoute. 400 000 soldats se sont retrouvés à la rue, sans salaire, mais avec leurs armes et une haine profonde contre l'occupant américain. L'État irakien s'est effondré. Ces milliers d'hommes formés au combat et ces bureaucrates humiliés ont rejoint l'insurrection, alimentant des années de guerre civile et menant, à terme, à la création de l'État Islamique (EI).La stratégie 2026 : “ Couper la tête “ (Maduro) mais conserver le “ corps “ administratif (Rodríguez). L'objectif : Une transition fluide qui garantit la reprise immédiate de l'extraction pétrolière sans chaos sécuritaire.
Delcy Rodríguez : la “ partenaire “ par défaut
Le rôle de la nouvelle Présidente par intérim apparaît sous un jour nouveau. Un canal préexistant : Des contacts discrets auraient eu lieu entre son entourage et Richard Grenell bien avant le raid. L'absence d'inculpation : Sa mise hors de cause judiciaire par le Département de la Justice américain semble avoir été le préalable nécessaire à ce deal de transition. Le double jeu : Si elle dénonce publiquement “ l'empire “, elle assure à Washington la stabilité nécessaire pour évincer l'influence russe et chinoise des champs pétrolifères.L'opposition démocratique, victime collatérale du pragmatismePour María Corina Machado, le réveil est brutal. Malgré son prix Nobel et sa légitimité électorale, elle est mise sur la touche par une Maison-Blanche qui privilégie la “ poigne “ à la démocratie. Le président a publiquement discrédité la capacité de l'opposition à diriger sans protection militaire américaine, préférant traiter avec les héritiers du système qu'il vient de décapiter.
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