Après le rebond de 2024, l'économie guadeloupéenne s'est contractée de 0,5 % en volume en 2025. Un coup d'arrêt provoqué par le repli touristique et une crise profonde de la construction, malgré une consommation des ménages qui résiste au prix d'un endettement record.
En 2025, le PIB de la Guadeloupe a reculé de 0,5 %, ramenant le PIB par habitant à 29 500 euros. Ce repli est d'abord lié à la chute de 5,7 % des exportations de biens et services, plombées par le recul de 6,7 % des dépenses touristiques. Si la fréquentation aérienne (+1,8 %) et le nombre de croisiéristes (+3,1 %) augmentent, la fréquentation hôtelière plonge de 9,5 % au profit des locations entre particuliers. Du côté des biens, le recul industriel (-4,8 % pour le sucre et le rhum) aggrave la situation, malgré la résilience de la banane (+2,2 %). Au final, le déficit commercial s'est creusé de plus de 60 millions d'euros.
La consommation dopée par un recours massif au crédit
Unique soutien de l'activité, la consommation des ménages progresse de 1,2 %. Elle bénéficie d'un net ralentissement de l'inflation, qui retombe à +1,3 % (contre +2,6 % en 2024), portée par la baisse des prix de l'énergie (-4,6 %). Pour autant, cette consommation reste fragile. Face à la baisse de l'emploi salarié (-0,6 %), les Guadeloupéens coupent dans les biens durables (-7,7 % en valeur) et s'endettent pour maintenir leurs dépenses courantes. Les crédits à la consommation ont bondi de 6,3 %, malgré un taux élevé de 7,41 %. Reflet de cette tension, les dossiers de surendettement atteignent le niveau record de 817 dépôts (+23,4 % sur un an).
Le BTP asphyxié par la chute des investissements
Le point noir réside dans le recul de l'investissement (-1,8 % en volume), en baisse pour la troisième année consécutive. La baisse est particulièrement marquée dans la construction (-4,2 % en volume) et s'accompagne d'un recul de l'emploi salarié dans le secteur (-5,2 %). L'activité subit en particulier un ralentissement de la commande publique, avec des appels d'offres publiés en retrait et un taux d'attribution qui reste faible. En outre, le recul de l'investissement privé dans le logement, attesté par le recul du nombre de permis de construire délivrés (-19,7 %), freine également l'activité du secteur, que la croissance faiblissante de l'investissement privé global (+2,7 % en valeur) ne parvient pas à compenser.
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