Les Abymes : deux ans de prison pour le marginal qui a poignardé un vigile
Il avait grièvement poignardé un agent de sécurité pendant les courses de Noël à Dothémare. Prosper V., 60 ans, sous le coup d'une OQTF, a été condamné à deux ans de prison ferme. Une peine assortie d'une nouvelle expulsion vers la Dominique.
Le 23 décembre 2025, les secours sont appelés d'urgence dans la zone commerciale de Dothémare. À leur arrivée, ils découvrent un jeune agent de sécurité au sol, grièvement blessé. Touché aux bras et à la tête par une arme blanche, le vigile a dû subir plusieurs interventions chirurgicales. Aujourd'hui, il justifie de 30 jours d'incapacité totale de travail (ITT) et garde des séquelles de cette agression d'une rare violence. Que s'est-il passé ? Ce jour-là, Prosper V., 60 ans, tente de quitter le magasin avec deux cabas remplis de marchandises : jambons de Noël, viandes, épices… Le tout pour une valeur estimée à plus de 300 euros. Repéré, il se réfugie dans la boulangerie voisine. C'est là que le jeune vigile le retrouve. Sans sommation, sans échange, le voleur sort une arme blanche et frappe. Plusieurs coups. Le visage, les bras. La victime s'effondre, grièvement atteinte.
Un marginal connu des services, plusieurs fois expulsé vers la Dominique
L'agresseur ne mettra pas longtemps à être identifié. Une semaine après les faits, Prosper V. est interpellé grâce aux témoignages de sans-abris, comme lui, qui fréquentent le secteur. Et son profil ne surprend pas les enquêteurs. Prosper V. est en effet "très connu des services" depuis vingt ans. Son casier judiciaire est émaillé de condamnations pour vols. Mais plus encore, cet homme fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). À plusieurs reprises, il a été reconduit vers son île d'origine, la Dominique. À plusieurs reprises, il est revenu clandestinement, par la mer, "soi-disant pour chercher du travail", a ironisé la procureure adjointe lors de l'audience. Avant d'asséner : "Il ne vient ici que pour commettre des méfaits depuis des années. On n'en veut pas".
Lors des débats, l'ambiance était lourde. La victime, toujours souffrante et marquée psychologiquement, a choisi de ne pas assister à l'audience. Lors d'un précédent renvoi, le prévenu avait continué à l'invectiver. Une expertise psychologique a été ordonnée, et l'affaire a finalement été jugée ce mercredi 25 février. Face à la violence des faits et au profil du mis en cause, la procureure adjointe n'a pas mâché ses mots. Elle a requis trois ans d'emprisonnement ferme, avec à la clé une nouvelle expulsion et une interdiction de revenir sur le territoire pendant cinq ans. Le tribunal a finalement prononcé une peine de deux ans de prison ferme. La condamnation est assortie, comme requis, d'une interdiction de retour de cinq ans et d'une nouvelle mesure d'expulsion. Une énième tentative pour éloigner définitivement du territoire guadeloupéen cet homme que la justice considère comme un récidiviste ne vivant que de larcins.
Une affaire qui relance le débat sur l'insécurité et la récidive
Au-delà du cas individuel, cette affaire ravive le sentiment d'insécurité dans la zone commerciale de Dothémare. Elle pose aussi la question, récurrente en Guadeloupe, de l'efficacité des mesures d'éloignement lorsque les personnes expulsées trouvent toujours le moyen de revenir, par la mer, sans jamais être inquiétées. Pour le jeune vigile, la peine ne réparera pas les souffrances. À 30 jours d'ITT, avec des séquelles physiques et psychologiques durables, il devra apprendre à vivre avec ce 23 décembre 2025 qui a failli lui coûter la vie. Pour avoir voulu faire son travail : protéger les marchandises d'un supermarché.
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