Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah
Un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi, dans le Sud du Liban, dans une embuscade contre des Casques bleus de la Finul attribuée au Hezbollah, qui a démenti son implication.
"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.
Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.
C'est le deuxième militaire français tué dans l'embrasement de la région après le début fin février des attaques américaines et israéliennes contre l'Iran.
"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables", a ajouté M. Macron, et qu'elles "prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", dans laquelle servent plus de 600 Français.
Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français et a promis de poursuivre les responsables.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant également que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement du Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.
"Le Hezbollah nie avoir un lien avec l'incident survenu avec la Finul", a réagi l'organisation dans un communiqué, appelant à "faire preuve de prudence (...) avant d'attribuer des responsabilités concernant l'incident, en attendant les résultats de l'enquête de l'armée libanaise".
Beyrouth est sous la pression de la communauté internationale pour désarmer le Hezbollah, alors qu'Israël mène des opérations militaires en territoire libanais contre le mouvement islamiste, entraînant destructions et déplacements de population.
Soutien au Liban
Une trêve est en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par les préparatifs de négociation entre les autorités libanaises et Israël.
"La France réaffirme son soutien à l'Etat libanais pour qu'il exerce sa pleine souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais, et continuera de l'appuyer en ce sens, dans la lignée de ses décisions courageuses d'interdire les activités militaires du Hezbollah", a déclaré samedi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
La France a une "grande exigence sur l'établissement des faits et la réponse qui y sera apportée", a déclaré la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, jugeant "bienvenues" les réactions des autorités libanaises.
Condamnant l'attaque, l'Inde, "à l'origine de la résolution 2.589 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la responsabilité pour les crimes commis contre les Casques bleus, exhorte le gouvernement libanais à enquêter d'urgence sur cette attaque", selon son ministère des Affaires étrangères.
Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".
Il était au Liban "depuis le 20 janvier 2026 et pour une durée de 4 mois", a précisé le ministère des Armées. Un hommage lui a été rendu samedi avant le coup d'envoi du match de rugby Montauban-Toulon.
"Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté Mme Vautrin.
L'attaque "a également fait trois blessés parmi les soldats français dont deux graves", selon le ministère des Affaires étrangères.
C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région, notamment en mobilisant des groupes armées alliés au Liban et en Irak.
Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.
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