L’îlet Caret mis sous cloche : l’interdiction d’accès prolongée jusqu’en juin 2026
La commune de Sainte-Rose, a décidé de prolonger jusqu'au 30 juin 2026 l'interdiction totale de débarquement sur le célèbre îlet Caret. Une mesure radicale pour protéger ce joyau écologique fragilisé par la fréquentation et les aléas climatiques.
Pour préserver son fragile écosystème, l'îlet Caret va rester une île interdite. La commune de Sainte-Rose vient de signer un arrêté municipal prolongeant jusqu'au 30 juin 2026 l'interdiction d'accoster et de fouler le sol de cet îlot emblématique du Grand Cul-de-Sac Marin. Le Parc national de la Guadeloupe rappelle la réglementation stricte en vigueur, où seules quelques exceptions sont tolérées, sous peine d'amende. Cette décision souligne la vulnérabilité extrême du site, classé en cœur de Parc national, face à la pression humaine et environnementale.
L'arrêté municipal est sans ambiguïté : jusqu'à l'été 2026, il est strictement interdit d'accoster et de débarquer sur l'îlet Caret, quelle que soit l'embarcation (bateau à moteur, kayak, paddle...). L'accès est également prohibé au-delà des bouées de signalisation délimitant une zone de protection. Toutes les activités, de la simple promenade aux pique-niques, en passant les tournages professionnels ou les manifestations y sont bannies.
Seules exceptions : les agents du Parc national en mission, les forces de l'ordre et de secours, et les personnes munies d'une autorisation écrite spécifique. Toute infraction est passible d'une amende de 4ème classe, pouvant s'élever jusqu'à 750 euros.
Un sanctuaire écologique sous haute pression
Pourquoi une mesure aussi drastique ? La municipalité et le Parc national invoquent la fragilité extrême de l'écosystème de l'îlet. Ce petit îlot sablonneux constitue un habitat naturel remarquable et un site de reproduction crucial pour plusieurs espèces protégées, notamment des oiseaux marins.
Le communiqué souligne également la grande vulnérabilité du site face à l'érosion côtière et aux aléas climatiques de plus en plus intenses (houles cycloniques, submersion). La fréquentation touristique, même limitée, accélère ces processus en dégradant la végétation et en perturbant la faune. L'objectif est clair : " protéger durablement l'îlet, qui fait partie du patrimoine naturel commun " de la Guadeloupe.
Un équilibre difficile entre préservation et découverte
L'îlet Caret, avec ses eaux turquoises et son lagon, est une icône du paysage guadeloupéen et une destination très prisée des excursions en bateau. Cette prolongation d'interdiction, qui s'inscrit dans la durée, illustre le défi permanent de concilier attractivité touristique et préservation écologique dans les espaces naturels sensibles.
Elle permet au milieu de se régénérer en profondeur, sans le piétinement des visiteurs. Cette mise sous cloche prolongée pourrait servir de modèle pour d'autres sites naturels ultramarins soumis à une forte pression, posant la question de la capacité de charge et de la nécessité de créer des sanctuaires intégralement préservés.
Quel avenir pour l'îlet après 2026 ?
Si la mesure est accueillie favorablement par les défenseurs de l'environnement, elle interroge sur l'avenir du site. La réouverture sera-t-elle conditionnée à l'état de santé de l'écosystème ? Des modalités de visite plus strictes et régulées seront-elles mises en place, comme un nombre de visiteurs plafonné ou des sentiers balisés ?
En attendant juin 2026, les plaisanciers et touristes devront se contenter d'admirer la beauté de l'îlet Caret depuis la mer, rappelant que certains joyaux naturels se préservent parfois mieux à distance. La décision de Sainte-Rose et du Parc national envoie un signal fort sur la priorité donnée à la résilience écologique face aux enjeux économiques à court terme.
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