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L’OMS plaide pour une hausse des taxes sur les boissons sucrées et alcoolisées

18 January 2026

Face à la progression des maladies non transmissibles et à l'augmentation des coûts de santé, l'Organisation mondiale de la Santé appelle les États à utiliser davantage l'outil fiscal. Dans deux nouveaux rapports, l'OMS recommande d'augmenter significativement les taxes sur les boissons sucrées et alcoolisées, jugées trop accessibles malgré leurs effets délétères sur la santé publique.

Dans la plupart des pays, le prix des boissons sucrées et alcoolisées diminue en termes réels ou stagne, en raison de niveaux de taxation trop faibles. Pourtant, ces produits sont directement impliqués dans l'apparition de l'obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de traumatismes, touchant particulièrement les enfants et les jeunes adultes. Selon l'OMS, cette situation illustre l'inefficacité de nombreux systèmes fiscaux, qui laissent des produits nocifs à bas prix alors que les systèmes de santé subissent une pression croissante liée à des maladies évitables.

" Les taxes sur les produits nocifs pour la santé sont l'un des outils les plus efficaces dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies ", souligne le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS. En augmentant les taxes sur le tabac, l'alcool ou les boissons sucrées, les gouvernements peuvent à la fois réduire la consommation et dégager des ressources pour financer des services de santé essentiels.

Certaines boissons sucrées échappent aux taxes

Le contraste est d'autant plus frappant que le marché mondial des boissons sucrées et alcoolisées génère des milliards de dollars de bénéfices. Une richesse dont l'État ne capte qu'une faible part par la fiscalité, laissant à la collectivité le soin d'assumer les conséquences sanitaires et économiques à long terme.

Aujourd'hui, au moins 116 pays taxent les boissons sucrées, principalement les sodas. Mais de nombreux produits riches en sucre, comme les jus de fruits 100 %, les boissons lactées sucrées ou les thés et cafés prêts à boire, échappent encore à ces dispositifs. Si 97 % des pays taxent les boissons énergisantes, cette proportion n'a pas évolué depuis 2023. Côté alcool, 167 pays appliquent une taxation et 12 en interdisent totalement la vente. Toutefois, les taxes ne suivent pas l'inflation, rendant l'alcool plus abordable, tandis que le vin reste non taxé dans au moins 25 pays européens.

Dans le cadre de son initiative " 3 d'ici à 2035 ", l'OMS appelle les gouvernements à relever et à ajuster régulièrement ces taxes afin d'augmenter durablement le prix réel du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées, et ainsi mieux protéger la santé des populations.