“M.O.R. Party 130” interdite à Capesterre-Belle-Eau : le préfet craint un risque grave de troubles
Par un arrêté publié ce jeudi 16 avril, le préfet de la Guadeloupe a interdit une manifestation festive non déclarée, prévue entre dimanche et lundi à Capesterre-Belle-Eau. En cause : l'absence de déclaration et la glorification des armes à feu sur l'invitation numérique.
Tout part d'un simple flyer numérique, diffusé sur les réseaux sociaux. Il annonce une “M.O.R. Party 130” prévue “ce dimanche de 22 heures à 06 heures du matin” dans le quartier Fromager à Capesterre-Belle-Eau. Premier problème et non des moindres : cette manifestation festive, qui doit se dérouler sur la voie publique, n'a fait l'objet d'aucune déclaration auprès des autorités compétentes. Ni la mairie de Capesterre-Belle-Eau, ni la préfecture n'ont été informées. Un vide administratif que le préfet ne pouvait ignorer. L'arrêté préfectoral n° 105-CAB/BSI, est sans ambiguïté : l'événement est interdit dans son intégralité.
Ce qui inquiète le plus les services de l'État, c'est le visuel même du carton d'invitation. Sur le flyer numérique, des armes à feu et des cartouches sont clairement mises en avant. Dans un contexte où la Guadeloupe connaît une “importante circulation des armes à feu” et un “grand nombre de crimes et délits violents”, la préfecture estime que ce message visuel est un signal d'alarme. L'arrêté préfectoral le dit noir sur blanc : l'apparence du carton d'invitation, qui glorifie les armes, conjuguée à l'absence de déclaration, fait craindre un “risque grave de troubles à l'ordre public”.
Un homicide il y a dix jours lors d'une fête similaire
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase ? L'homicide commis le lundi 6 avril 2026 aux Abymes. Selon le communiqué de la préfecture, ce crime a eu lieu lors d'une fête non déclarée du même type. Un précédent tragique que les autorités ne veulent pas voir se répéter à Capesterre-Belle-Eau. Le communiqué de presse publié ce jeudi par le Service régional de la communication interministérielle est très clair : “Un risque grave de troubles à l'ordre public est à craindre”. Et d'annoncer que les forces de sécurité intérieure veilleront particulièrement, lors de contrôles réguliers, au strict respect de cette interdiction.
L'arrêté préfectoral ne se contente pas d'interdire. Il prévoit aussi des sanctions. L'article 2 précise que “tout contrevenant à cette interdiction est passible des sanctions prévues par le Code pénal et le Code de la santé publique”. Si les peines exactes dépendent des qualifications retenues par les forces de l'ordre, l'organisation d'une manifestation sur la voie publique sans déclaration peut exposer ses organisateurs à des amendes substantielles, voire à des poursuites pénales. Sans compter d'éventuelles infractions connexes : nuisances sonores, consommation d'alcool sur la voie publique, ou encore port d'armes pour les plus téméraires.
Les forces de l'ordre en surveillance renforcée
La préfecture a donné des instructions claires au directeur territorial de la police nationale. Les forces de sécurité intérieure seront mobilisées tout au long du week-end pour effectuer des contrôles réguliers dans le quartier Fromager et ses alentours. L'objectif est double : dissuader les organisateurs de maintenir leur soirée malgré l'interdiction et rassurer les riverains qui craignaient des débordements. Le communiqué préfectoral se veut ferme : “Les forces de sécurité intérieure veilleront particulièrement […] au strict respect de cette interdiction”.
Avec cet arrêté, la préfecture de Guadeloupe assume une logique de prévention plutôt que de répression. Plutôt que d'attendre d'éventuels incidents pour intervenir, les autorités ont choisi de couper l'herbe sous le pied des organisateurs.
Le contexte local, forte circulation d'armes, récents homicides, fêtes sauvages récurrentes, justifie cette fermeté, expliquent les services de l'État. Reste à savoir si les organisateurs de la “M.O.R. Party 130” se conformeront à l'interdiction ou tenteront de défier l'autorité préfectorale. Une chose est sûre : ce week-end, les yeux de la police seront braqués sur le quartier Fromager.
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