Maintenir ou suspendre après le drame ? Cinq voix face à une même question
Par Joanne BLANC [email protected]

Dimanche dernier, un jeune homme de 18 ans a été mortellement abattu au cœur de la foule, en marge du défilé carnavalesque de Pointe-à-Pitre. Depuis, une question divise autorités et carnavaliers : faut-il maintenir le défilé de ce dimanche 11 janvier ?
À l'issue d'une réunion tendue entre l'État, la
mairie et les acteurs du carnaval ce lundi soir, les positions
restent contrastées. Police, élus, organisateurs et responsables de
la sécurité livrent leur analyse.
« Ce n'est pas le carnaval qui crée la
violence »
Secrétaire territorial de l'UNSA Police
Guadeloupe, Nicolas Le Tumelin est le premier à exposer son point
de vue. « Ce qui s'est passé est évidemment dramatique. Un
jeune homme a perdu la vie, une famille est endeuillée et c'est
presque un miracle qu'il n'y ait pas eu de victimes collatérales vu
l'usage totalement déraisonné d'une arme à feu en pleine
foule ». Pour le représentant syndical de la police, le lien
direct entre carnaval et violence doit être nuancé. « La
violence est multifactorielle. Des homicides, malheureusement, il y
en a toute l'année. Le carnaval, lui, entraîne surtout une forte
concentration de population, ce qui complique mécaniquement le
travail des forces de l'ordre ». Sur les solutions, il se veut
pragmatique. « Plus...