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Maroc-Guyana : un accord pour relier l’Afrique et l’Amérique du Sud par les airs

20 April 2026
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En marge du Symposium mondial de soutien à la mise en œuvre de l'OACI (GISS 2026) à Marrakech, le Guyana et le Royaume du Maroc ont signé jeudi 16 avril un accord de services aériens “Ciel ouvert”. Objectif : permettre la création d'une liaison directe entre les deux pays.

C'est dans la cité ocre, sous le haut patronage du roi Mohammed VI, que s'est joué un moment clé pour la connectivité aérienne entre l'Afrique et l'Amérique du Sud. Le ministre marocain du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, et le directeur général de l'Autorité de l'aviation civile du Guyana (GCAA), le lieutenant-colonel (à la retraite) Egbert Field, ont paraphé un accord de “Ciel ouvert” entre leurs deux nations. Ce texte, signé lors du Symposium mondial de soutien à la mise en œuvre de l'OACI (GISS 2026) qui s'est tenu du 14 au 16 avril, vise à permettre, réglementer et étendre la connectivité aérienne entre le Guyana et le Maroc.

Le lieutenant-colonel Field n'a pas caché son enthousiasme. “Je me réjouis de ce nouveau départ prometteur entre nos deux pays. Nous sommes impatients de voir Air Maroc devenir la première compagnie aérienne africaine à desservir le Guyana”, a-t-il déclaré. Un message fort qui témoigne de l'ambition guyanienne de s'ouvrir vers l'Afrique, tout en offrant au Maroc une porte d'entrée stratégique en Amérique du Sud. De son côté, le ministre Kayouh s'est félicité de cette signature : “Je suis très heureux de signer cet accord entre le Royaume du Maroc et le Guyana. Pour nous, c'est l'occasion de signer ce protocole d'entente, qui ouvrira la voie, dans un avenir proche, à une liaison aérienne directe entre nos deux pays”.

Un cadre juridique moderne pour stimuler les échanges

L'accord établit un cadre juridique complet visant à ouvrir l'accès au marché aux compagnies aériennes. Il comprend des dispositions relatives aux droits de circulation, à la désignation et à l'autorisation des transporteurs, aux redevances d'utilisation, à la reconnaissance des certificats et des licences, aux droits de douane, aux tarifs et aux activités commerciales. Ce dispositif devrait renforcer la compétitivité des services de transport aérien, dynamiser les échanges commerciaux et stimuler la croissance économique entre les deux pays. Il prévoit également des vols charters, réguliers et non réguliers, complétant ainsi le réseau d'accords déjà tissé par le Guyana, qui en compte désormais plus de 50 avec d'autres États membres de l'OACI.

Cette signature s'inscrit dans la politique volontariste menée sous l'impulsion du roi Mohammed VI visant à renforcer la connectivité aérienne du Royaume avec ses partenaires internationaux et à positionner le Maroc comme un hub régional reliant l'Afrique au reste du monde. Le symposium GISS 2026, placé sous le thème “Solutions régionales, bénéfices mondiaux”, a servi de plateforme pour promouvoir une aviation durable conformément à l'initiative " Aucun pays laissé pour compte " de l'OACI. Il a permis aux pays participants de renforcer leurs efforts de mise en œuvre dans le domaine de l'aviation à l'échelle mondiale.

Trois accords bilatéraux signés

Au-delà de l'accord avec le Guyana, le ministre Abdessamad Kayouh a également signé deux autres accords bilatéraux dans le domaine du transport aérien, respectivement avec la République d'Haïti et la République de Maurice. Ces trois accords portent sur le développement des services aériens entre les parties et visent à instaurer un cadre juridique moderne, équilibré et conforme aux standards internationaux. Ils prévoient notamment la multi désignation des compagnies aériennes, l'exploitation des fréquences hebdomadaires, ainsi que des dispositions relatives à la sécurité et à la sûreté de l'aviation civile.

Ils ouvrent également la voie à l'intensification des échanges entre les compagnies aériennes concernées, notamment à travers la conclusion de partenariats commerciaux et techniques, contribuant ainsi à l'amélioration de la connectivité aérienne et à la facilitation des flux de passagers et de marchandises. Pour le Guyana, cet accord avec le Maroc représente une opportunité majeure de diversification de ses partenariats aériens, traditionnellement tournés vers l'Amérique du Nord et les Caraïbes. Pour le Maroc, c'est un pas supplémentaire dans sa stratégie de rayonnement vers le continent sud-américain.

Les accords de “Ciel ouvert”, souvent alignés sur les normes de l'OACI, facilitent les vols directs, les accords de partage de codes et la croissance économique grâce à l'augmentation du commerce et du tourisme. Reste désormais à concrétiser ces engagements par l'ouverture effective des premières lignes. Une échéance que les deux parties espèrent voir se réaliser dans un avenir proche.