Minneapolis: entre chaud et froid, Trump qualifie Alex Pretti d’«agitateur»
Donald Trump a qualifié vendredi d'"agitateur" l'infirmier tué à Minneapolis il y a une semaine par des agents fédéraux, au lendemain des promesses de son émissaire d'y réduire les effectifs de la police de l'immigration.
Le président américain ne cesse de souffler le chaud et le froid sur la mort, sous les balles d'agents fédéraux, de deux citoyens américains - Alex Pretti et Renee Good - depuis début janvier. Deux drames qui divisent les Américains et ont plongé cette cité du Midwest dans l'effroi.
Dans son message posté juste avant 02H00 du matin à Washington (07H00 GMT), Donald Trump est revenu sur une vidéo virale montrant Alex Pretti, 11 jours avant sa mort, se rebeller lors d'une interpellation par des policiers.
"Agitateur et, peut-être, insurgé, la cote d'Alex Pretti a fortement chuté" avec cette vidéo, a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. "On le voit hurler et cracher au visage d'un agent de l'ICE (la police de l'immigration, ndlr) très calme et maître de lui".
Alex Pretti donne "des coups de pieds frénétiques dans un véhicule gouvernemental neuf et très coûteux avec une telle force et violence que le feu arrière s'est brisé en morceaux", s'indigne le président dans son message.
"Ce fut une véritable démonstration de violence et de colère, visible de tous, déchaînée et hors de contrôle. L'agent de l'ICE est resté calme et posé, ce qui n'est pas facile dans de telles circonstances! REDONNONS SA GRANDEUR À L'AMÉRIQUE".
En début de semaine, Donald Trump avait promis une "petite désescalade" et un retrait partiel des hommes masqués qui quadrillent Minneapolis. Avant de renouer avec sa rhétorique incendiaire et de s'en prendre au maire démocrate Jacob Frey, qui continue de lui tenir tête.
Le sujet cristallise de vifs débats jusqu'à Washington, où les démocrates bataillent sur le budget du ministère de la Sécurité intérieure. Le Sénat doit voter un nouveau texte dans la journée de vendredi, après l'annonce par Donald Trump qu'un compromis avait été trouvé.
Chose rare, une figure de la Sillicon Valley s'est même emparée du sujet.
"Davantage d'entre nous doivent cesser de considérer le chaos trumpiste comme un simple théâtre politique dont on peut se tenir à l'écart. Il est temps pour nous tous d'en faire et d'en dire davantage", a écrit Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, jeudi dans une tribune au San Francisco Standard. "Une grande majorité d'entre nous désapprouve la brutalité ostentatoire du régime Trump".
"Démonstration de violence"
Jeudi, l'envoyé spécial présidentiel à Minneapolis, Tom Homan, a promis de "bientôt" réduire les effectifs de la police de l'immigration déployés en ville, tout en répétant la volonté du président d'y poursuivre ses opérations.
Quelque 3.000 agents chargés de la lutte contre l'immigration illégale ont été dépêchés. "Nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente", a affirmé Tom Homan.
L'émissaire a admis la nécessité de "certaines améliorations" dans les opérations. Si des agents n'agissent pas de façon professionnelle, "ils seront traités comme n'importe quelle autre agence fédérale. Nous avons des normes de conduite".
Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été abattu samedi par des membres de la police aux frontières (CBP). Renee Good, mère de famille du même âge, avait été tuée moins de trois semaines plus tôt, le 7 janvier, par un agent de la police de l'immigration (ICE).
Et les tensions restent vives dans la plus grande ville du Minnesota, dont les habitants prennent avec distance les promesses de l'administration.
"Nous y croirons quand nous le verrons. Cette administration a prouvé à maintes reprises qu'elle ne fait que nous mentir", a réagi auprès de l'AFP Steven Gagner, 41 ans, membre d'un réseau citoyen qui signale et filme les interventions d'ICE dans son quartier.
Selon lui, les opérations "se sont intensifiées dans les trois derniers jours".
Le sujet intervient aussi alors que Donald Trump multiplie les déclarations de soutien aux candidats républicains aux élections législatives de mi-mandat, en novembre.
Il "est pris entre deux feux, entre sa base électorale fidèle qui l'a élu sur la promesse +d'expulsions massives+ et un électorat plus large qui est de plus en plus mal à l'aise" avec les méthodes des agents fédéraux, commentait vendredi le Washington Post.
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• ROBERTO SCHMIDT

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