Mutuelles : une hausse des cotisations attendue en 2027, les salariés et les retraités concernés
Les dépenses de santé pourraient peser davantage sur le budget des Français l’année prochaine. Selon les projections de plusieurs cabinets spécialisés, les cotisations des complémentaires santé devraient connaître une nouvelle augmentation en 2027.
Après plusieurs années marquées par une progression du coût des complémentaires santé, la tendance pourrait se poursuivre en 2027. Les estimations publiées en septembre 2026 par les cabinets spécialisés Addactis et Facts & Figures anticipent une nouvelle augmentation des tarifs. Selon les projections d’Addactis, les hausses médianes pourraient atteindre 8 % pour les contrats collectifs, principalement souscrits par les entreprises pour leurs salariés, et 8,3 % pour les contrats individuels. De son côté, Facts & Figures envisage une progression moyenne de 7 % pour les contrats individuels. Ces chiffres constituent des prévisions et non des augmentations définitivement arrêtées. Les évolutions tarifaires dépendront des organismes assureurs, des garanties proposées et des caractéristiques de chaque contrat.
Quelles conséquences pour le pouvoir d’achat ?
Pour les salariés du secteur privé, les complémentaires santé collectives sont généralement obligatoires depuis 2016. Les employeurs doivent financer au minimum 50 % de la cotisation, le reste étant à la charge du salarié. Une augmentation des tarifs pourrait donc se traduire par une hausse de la somme prélevée chaque mois sur la rémunération, lorsque la part salariale évolue dans les mêmes proportions. À titre d’exemple, un salarié versant actuellement 50 euros par mois pour sa complémentaire santé devrait débourser 54 euros si sa cotisation augmentait de 8 %. Cela représenterait 48 euros supplémentaires sur une année complète. Les conséquences varieront néanmoins selon les contrats et les modalités de financement retenues par les employeurs.
Les retraités disposant d’une complémentaire santé individuelle pourraient également être concernés par cette évolution. Contrairement aux salariés bénéficiant d’un contrat collectif, ils assument généralement l’intégralité de leur cotisation.
Une situation différente selon les fonctionnaires
Dans la fonction publique, la participation des employeurs au financement des complémentaires santé évolue progressivement. Pour les agents de l’État, des contrats collectifs sont déployés selon un calendrier propre aux différentes administrations, avec une prise en charge d’au moins 50 % de la cotisation de référence par l’employeur. Dans la fonction publique territoriale, les collectivités doivent participer depuis le 1er janvier 2026 au financement de la complémentaire santé de leurs agents, à hauteur d’au moins 15 euros par mois.
La fonction publique hospitalière suit un calendrier distinct, avec une participation financière de l’employeur prévue à compter du 1er janvier 2027. Ces différences impliquent que les conséquences d’une éventuelle augmentation des cotisations ne seront pas identiques pour tous les agents publics.
Pourquoi les complémentaires santé coûtent-elles de plus en plus cher ?
Plusieurs facteurs expliquent les prévisions d’augmentation avancées par les professionnels du secteur. La progression des dépenses de santé, notamment liée au vieillissement de la population et à l’évolution des besoins médicaux, contribue à accroître les remboursements effectués par les organismes complémentaires. À cela s’ajoutent les transferts de certaines dépenses de l’Assurance maladie vers les mutuelles et les assureurs, ainsi que l’évolution des charges fiscales pesant sur le secteur. Selon les estimations relayées par l’AFP en septembre 2026, ces transferts pourraient représenter environ 1,5 milliard d’euros de remboursements supplémentaires pour les complémentaires santé.
Si les projections annoncent une nouvelle année de hausse pour les complémentaires santé, les assurés devront attendre les communications de leurs organismes pour connaître précisément l’évolution de leurs cotisations en 2027. Les augmentations ne seront pas nécessairement uniformes. Elles dépendront notamment du type de contrat, des garanties souscrites et, pour les contrats collectifs, des négociations entre les entreprises et les assureurs. Pour les ménages, cette perspective constitue néanmoins un nouveau sujet de préoccupation dans un contexte où les dépenses contraintes continuent de peser sur les budgets.
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