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Narcotrafic : le Guyana, Trinité-et-Tobago et la République dominicaine rejoignent le front du « Bouclier des Amériques »

24 September 2026
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Trois pays de la Caraïbe ont signé mardi une déclaration conjointe aux côtés des États-Unis et de onze autres nations des Amériques. Ensemble, ils annoncent des mesures coordonnées contre 24 organisations qualifiées de « narcoterroristes », dont plusieurs opèrent dans la région.

Le Guyana, Trinité-et-Tobago et la République dominicaine ont officialisé leur participation au « Bouclier des Amériques » lors d’une réunion tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Ils rejoignent ainsi les États-Unis et onze autres gouvernements d’Amérique latine dans une déclaration commune qui entend renforcer la coopération sécuritaire et économique face à la criminalité transnationale. Le texte s’articule autour de trois axes : la sécurité économique, la sécurité régionale et la coordination multilatérale. Les pays signataires s’engagent à intensifier le partage de renseignements, à faciliter l’accès aux technologies de sécurité et à la formation et à harmoniser leurs positions dans les instances régionales et internationales.

La première action commune cible les organisations narcoterroristes transnationales. Les gouvernements participants entendent notamment geler les avoirs, imposer des restrictions d’immigration et de visa aux membres, associés et soutiens des groupes listés et prévoir des sanctions pénales pour ceux qui leur apportent sciemment un soutien matériel. Ces mesures seront appliquées dans le respect des cadres juridiques nationaux et internationaux.

Qui est visé ?

La déclaration identifie 24 organisations à travers les Amériques. Plusieurs ont des liens directs avec la Caraïbe : Gran Grif et Viv Ansanm en Haïti, ou encore le Cartel de Los Soles au Venezuela. D’autres groupes majeurs figurent sur la liste, comme la Mara Salvatrucha (MS-13), le Tren de Aragua, le Cartel de Sinaloa, le Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), le Clan del Golfo, l’ELN colombien, les FARC dissidents, le Sentier lumineux péruvien, ainsi que des organisations équatoriennes (Los Lobos, Los Choneros, Chone Killers, Los Tiguerones) et brésiliennes (Primeiro Comando da Capital, Comando Vermelho).

Le Guyana et Trinité-et-Tobago déjà engagés

Le Guyana et Trinité-et-Tobago ne sont pas de nouveaux venus. Les deux pays avaient déjà rejoint l’initiative lors du sommet fondateur de mars 2026, convoqué par Donald Trump à Doral, en Floride. Le président guyanien Irfaan Ali avait participé à ce premier rendez-vous, tout comme la Première ministre trinidadienne Kamla Persad-Bissessar. Mardi, Irfaan Ali était accompagné du secrétaire aux Affaires étrangères Robert Persaud et de l’ambassadrice Carolyn Rodrigues-Birkett, représentante permanente du Guyana à l’ONU. Pour Georgetown, ce partenariat doit permettre de renforcer le partage de renseignements et la coopération contre la criminalité transnationale. La République dominicaine est, elle, le troisième pays caribéen à signer la déclaration.

Vers une action collective au sein de l’OEA

La déclaration appelle les pays participants à cosigner une demande au Conseil permanent de l’Organisation des États américains (OEA). L’objectif : convoquer une réunion pour envisager la création d’un Organe de consultation dans le cadre du Traité interaméricain d’assistance réciproque, dit Traité de Rio. Cette instance examinerait des mesures collectives contre les organisations narcoterroristes. Les pays du Bouclier qui ne sont pas parties au Traité de Rio ont indiqué qu’ils soutenaient l’initiative et qu’ils contribueraient dans les limites de leurs obligations juridiques.

Outre les trois pays caribéens et les États-Unis, la déclaration a été signée par l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, le Salvador, le Honduras, le Panama, le Paraguay et le Pérou.