Porto Rico à sec : Un rationnement d’urgence de l’eau décrété pour des milliers de foyers
L'île américaine des Caraïbes a annoncé aujourd'hui un rationnement d'urgence de l'eau, alors qu'une sécheresse sévère vient percuter un réseau déjà fragilisé par des années de négligence.
À partir de demain vendredi, plusieurs communes du nord-est de l'île, notamment Canovanas et Rio Grande, verront leur approvisionnement suspendu par cycles de 48 heures. Luis González, à la tête de l'autorité portoricaine de l'eau et de l'assainissement, a été sans détour : l'eau manque tout simplement, et rien n'indique que la situation restera limitée à ces seules zones. Selon les données de l'U.S. Drought Monitor, l'organisme fédéral américain de référence sur la sécheresse, 14 % du territoire est désormais en sécheresse sévère et près de 60 % en sécheresse modérée, une bascule brutale par rapport à fin juin, où seulement 18 % de l'île était concernée. Au total, ce sont environ 2,3 des 3,2 millions d'habitants de Porto Rico qui vivent aujourd'hui dans une zone touchée. Un problème plus ancien que la sécheresse elle-même Ce qui frappe dans ce nouvel épisode, c'est qu'il ne sort pas de nulle part. Des coupures d'eau sévères touchaient déjà certains quartiers parmi les plus peuplés de l'île bien avant que la sécheresse ne s'installe véritablement sans que les autorités n'aient jamais clairement identifié l'origine du problème. Le maire de San Juan avait d'ailleurs porté plainte fin mai contre l'autorité de l'eau, pendant que la gouverneure Jenniffer González elle-même reconnaissait publiquement des décennies de sous-investissement et d'entretien défaillant du réseau.
Le mois dernier encore, près de 40 000 usagers s'étaient brutalement retrouvés sans eau, dans un épisode distinct de la sécheresse actuelle, au point de nécessiter l'intervention de la Garde nationale.
La colère monte du côté des élus et de la population
Sur le terrain, les habitants concernés multiplient les mobilisations, tandis qu'au Parlement local, les critiques se font de plus en plus vives. Le député Domingo J. Torres a résumé le sentiment général en pointant une gestion qui réagit dans l'urgence, sans jamais présenter de stratégie claire pour garantir l'accès à l'eau potable. Il a officiellement réclamé mercredi des explications détaillées sur les mesures prises par l'autorité de l'eau face à la crise. Sollicitée, l'agence n'a pour l'instant pas répondu. Une audition parlementaire s'est également tenue cette semaine sur le coût économique et social de ces pénuries, dans un territoire où près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Un scénario qui n'est pas inédit
Porto Rico a déjà connu des crises de cette ampleur : en 2016, environ 400 000 usagers ne recevaient de l'eau qu'un jour sur trois. Près de dix ans plus tard, l'île se retrouve confrontée au même type de mesures d'urgence, signe pour de nombreux observateurs locaux, que les leçons de la précédente crise n'ont pas suffi à mettre le réseau à l'abri des sécheresses à venir.
Related News
Au salon du vélo Eurobike, l'IA pédale pour un secteur en recul
Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités "pour le moment"
Trois jours avant le jugement, un dernier banquet à Liévin pour Le Pen et Bardella