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Procès d’Ary Chalus : ” J’ai fait beaucoup d’erreurs “

24 June 2026
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Le procès d'Ary Chalus s'est ouvert ce mercredi devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. L'ancien député, poursuivi notamment pour des faits présumés de détournement de fonds publics, a reconnu des " erreurs " tout en rejetant toute volonté d'enrichissement personnel.

La première journée du procès d'Ary Chalus a été largement consacrée à l'examen des dépenses effectuées entre 2012 et 2017 avec son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), lorsqu'il était député de la Guadeloupe. Le Parquet national financier (PNF) estime à 96 135 euros le montant des dépenses litigieuses.

À la barre, le président de Région a reconnu avoir commis de nombreuses erreurs dans l'utilisation de cette enveloppe destinée à couvrir les frais liés à l'exercice du mandat parlementaire.

" J'ai fait beaucoup d'erreurs. En essayant de faire le bien, il y a des erreurs qui ont été commises ", a-t-il déclaré à plusieurs reprises. " Je n'ai jamais voulu frauder ", a-t-il insisté, expliquant avoir découvert le fonctionnement de l'IRFM sans véritable accompagnement. " On ne nous a pas donné les informations. L'Assemblée nationale nous a conduits à faire des erreurs ", a-t-il affirmé.

Les magistrats l'ont interrogé sur de nombreuses dépenses considérées comme étrangères à son mandat : frais de santé, achats de vêtements, matériel électronique, cave à vin, places de cinéma ou encore frais vétérinaires. Sur plusieurs de ces dépenses, Ary Chalus a reconnu qu'elles n'auraient pas dû être réglées avec son IRFM. " Après discussion, je constate que des erreurs ont été commises ", a-t-il admis.

Au cours de son audition, l'ancien député a également expliqué avoir utilisé une partie de cette enveloppe pour aider des administrés confrontés à des difficultés financières. Se présentant comme " un homme de cœur " et " un homme généreux ", il a assumé ces choix : " Je suis fier de les avoir soutenus. Je sais ce qu'est la misère. "

Les parties civiles réfutent sa ligne de défense

Les explications d'Ary Chalus ont été contestées par les parties civiles.

L'avocat de l'Assemblée nationale a notamment rejeté l'idée selon laquelle l'institution porterait une responsabilité dans les irrégularités reprochées à l'ancien député. " L'Assemblée nationale a été parfaitement dans son rôle. Elle n'avait aucune prérogative de contrôle sur l'utilisation de l'IRFM ", a-t-il déclaré à l'issue de l'audience. Selon lui, plusieurs dépenses reconnues comme inappropriées par Ary Chalus devront être restituées à l'Assemblée nationale.

Même position du côté de la commune de Baie-Mahault, également partie civile. Son avocat, Ludovic Dufour, a estimé que la collectivité était " avant tout victime " et qu'elle ne disposait d'" aucun moyen de vérifier " les remboursements de frais de déplacement aujourd'hui contestés.

Les emplois parlementaires également examinés

La journée d'audience a également porté sur les emplois parlementaires de la fille et de la compagne d'Ary Chalus.

Très ému lorsque la réalité du travail de sa fille a été remise en cause, le président de Région a réagi avec force : " Je préfère mourir que d'entendre cela. Ma fille n'a jamais eu un emploi fictif. " Entendue par le tribunal, Nathalia Chalus a assuré avoir assuré les tâches administratives de son père, tout en reconnaissant avoir exercé parallèlement une activité salariée dans le privé.

Le procès se poursuit ce jeudi devant le tribunal judiciaire de Paris avec la suite des débats, les plaidoiries des parties civiles, dont l'Assemblée nationale, la commune de Baie-Mahault et Anticor, avant les réquisitions du Parquet national financier prévues lundi prochain.