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Prostitution : ce qui ne se voit pas dans la rue n’a pas disparu

21 April 2026
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Par Morgane HAGUY [email protected]

À Pointe-à-Pitre comme au Gosier et à Basse-Terre, la prostitution persiste, loin des regards, entre silence et tabou.
À Pointe-à-Pitre comme au Gosier et à Basse-Terre, la prostitution persiste, loin des regards, entre silence et tabou. • MORGANE HAGUY

À Pointe-à-Pitre, au Gosier, à Basse-Terre comme à Saint-François, les prostitués exercent dans l'indifférence. Les situations sont diverses : certaines exercent à domicile et prennent leur rendez-vous sur les réseaux sociaux et d'autres travaillent à l'ancienne dans les rues.

En pleine journée, rien ne saute aux yeux. À
Pointe-à-Pitre, au Gosier comme à Basse-Terre, les rues vivent, les
commerces tournent, les passants circulent. Rien ne semble sortir
de l'ordinaire. Et pourtant, derrière cette apparente normalité,
une autre réalité persiste discrète, diffuse, difficile à saisir.
« Depuis que j'habite à Pointe-à-Pitre, je n'ai jamais
vraiment constaté », confie une habitante. Puis elle nuance
aussitôt : « Mais je sais que ça existe toujours. C'est
juste plus discret. » Un constat partagé. La prostitution ne
se montre plus, elle se devine. « En journée, on ne voit pas
grand-chose », glisse une commerçante. « Peut-être le
soir... » À quelques rues de là, un riverain affirme au
contraire : « Oui, il y en a. On les voit vers le
marché. » Deux perceptions, mais une même idée : le
phénomène est là, sans s'imposer au regard.

Des formes plus diffuses

Ce qui ne se voit plus dans la rue n'a pas
disparu. Le phénomène s'est déplacé, transformé. « On ne voit
plus les filles sur le trottoir », résume une habitante. À
Basse-Terre, dans le secteur du Bas-du-Bourg,...