République dominicaine : la lutte contre le « terrorisme environnemental » devient une priorité nationale
Le gouvernement dominicain a déclaré ce jeudi la lutte contre le terrorisme environnemental comme une question d’intérêt national et une priorité stratégique. Par le décret 615-26, il renforce les mesures de répression contre les attaques délibérées visant les parcs nationaux et les ressources naturelles critiques.
Lors de la présentation du décret au Palais national, le président Luis Abinader a dressé un constat sévère : pendant des décennies, les parcs nationaux n’ont pas bénéficié d’une protection légale et étatique suffisante. Au début de son mandat, les autorités ont découvert que de nombreuses aires protégées n’étaient même pas légalement titrées au nom de l’État. Un processus de titrage national est désormais en cours pour remédier à cette situation. Le président a également établi un lien entre plusieurs incendies de forêt récents, notamment ceux du parc national Sierra de Bahoruco, et des activités illégales qui endommagent les écosystèmes et menacent des ressources essentielles telles que l’approvisionnement en eau et la sécurité alimentaire.
Face aux faiblesses constatées dans les mécanismes juridiques antérieurs, le gouvernement a décidé d’appliquer de manière plus rigoureuse les lois existantes et les dispositions du nouveau Code pénal. Les infractions graves contre les parcs nationaux pourront désormais entraîner des peines de prison allant de 20 à 30 ans. Le décret ordonne également aux Forces armées, à la Direction générale des migrations et aux services de renseignement de renforcer leurs efforts pour prévenir, enquêter et poursuivre les personnes impliquées dans ces activités, y compris celles qui les financent, les encouragent ou les facilitent.
Une protection spéciale pour les ressources vitales
Le décret accorde une protection particulière à plusieurs types d’espaces et de ressources naturelles : les aires protégées, les bassins versants, les barrages, les réservoirs, les mangroves, les zones humides et les sources de rivières. Il érige en priorité la prévention, la détection et l’enquête sur les actes qualifiés de terrorisme environnemental.
Le texte ordonne également au Comité national antiterroriste, aux ministères de la Défense et de l’Environnement, à la Police nationale et à la Direction générale des migrations d’élaborer une politique nationale de prévention et de lutte contre les incendies de forêt intentionnels et les menaces pesant sur les infrastructures hydriques et énergétiques.
Toute attaque contre le patrimoine environnemental du pays doit être immédiatement transmise au ministère public pour une action pénale appropriée. Le décret prévoit en outre la mise en place de plateformes technologiques et de mécanismes de signalement confidentiels permettant aux citoyens de dénoncer les crimes environnementaux et d’aider les autorités, tout en protégeant ceux qui coopèrent de bonne foi.