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Route du Rhum : ” Nous espérons entre 30 et 35 millions d’euros de retombées pour la Guadeloupe “

29 October 2026
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Dans un entretien exclusif, Jean-Claude Nelson, vice-président de la Région Guadeloupe, détaille les ambitions économiques de la collectivité. Entre promotion touristique, valorisation des entreprises locales et soutien à la culture, la Route du Rhum constitue un investissement stratégique.

À Saint-Malo, la Guadeloupe ne se contente pas de soutenir ses skippers. Elle entend aussi faire de la Route du Rhum un levier de développement économique. Pour cette édition 2026, la Région investit environ 6 millions d'euros et espère des retombées de 30 à 35 millions d'euros sur son territoire.

Quel premier bilan tirez-vous de la fréquentation du village de la Route du Rhum ?

C'est notre troisième édition et nous pouvons mesurer la montée en puissance de la fréquentation. D'après nos premiers chiffres, il y a beaucoup plus de monde par jour qu'en 2022. Nous avons malheureusement perdu une journée et demie avec la tempête de vendredi et les mauvaises conditions météorologiques. Mais nous sommes très satisfaits de la fréquentation du pavillon Guadeloupe, qui est l'un de ceux qui connaissent le plus de succès. Dans les allées, nous entendons parler de la destination Guadeloupe. C'est précisément notre objectif.

Quels moyens la Région déploie-t-elle pour mettre en valeur les entreprises guadeloupéennes ?

Nous disposons de 950 m² et accueillons 47 exposants guadeloupéens, avec des espaces allant de 9 à 30 ou 40 m². La Route du Rhum est une occasion de promouvoir les produits d'excellence de notre territoire, notamment le rhum, mais aussi la restauration et les produits agrotransformés.

Ce qui est important, c'est la progression de ces produits transformés, souvent portés par de jeunes Guadeloupéens. Cela montre qu'une relève se met en place et que notre jeunesse a compris l'intérêt économique d'occuper ces espaces pour vendre ses produits et promouvoir la Guadeloupe. Le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG) dispose également d'un espace pour valoriser la destination, notamment avec les transporteurs.

" La Route du Rhum est un levier économique "

Au-delà de la compétition sportive, quels sont les objectifs économiques de la Région ?

La Route du Rhum est un levier pour promouvoir le tourisme. Elle contribue à la fréquentation des hôtels et bénéficie aussi aux emplois indirects : les taxis, l'agriculture, la pêche et les fournisseurs des hôtels et restaurants. Nous avons également une visibilité médiatique importante, avec environ 200 à 300 journalistes attendus. Lorsqu'ils viennent en Guadeloupe, ils ne se limitent pas à la course : ils peuvent découvrir l'arrière-pays et les entreprises.

Aujourd'hui, nous investissons autour de 6 millions d'euros, paiement de la course compris. Selon les indicateurs dont nous disposons, chaque euro investi pourrait générer entre 5,50 et 6 euros de retombées. Nous espérons donc un retour sur investissement de l'ordre de 30 à 35 millions d'euros pour notre territoire.

La promotion de la Guadeloupe passe aussi par la culture. Quel dispositif avez-vous prévu ?

Nous voulons également soutenir les acteurs culturels, notamment ceux du spectacle vivant. Des groupes déambulent dans le village et dans la ville. En Guadeloupe, trois villages sont également prévus, avec des exposants et des concerts. Du 5 au 15, nous proposons plusieurs concerts chaque soir, mais aussi du théâtre et un défilé de mode. C'est une manière de soutenir nos artistes, nos stylistes et nos modélistes, tout en faisant rayonner notre territoire.

" La mer n'est plus une barrière, elle ouvre des perspectives "

La présence de sept skippers se revendiquant de la Guadeloupe constitue-t-elle aussi un signal pour l'avenir ?

Nous sommes fiers d'avoir sept skippers qui se revendiquent de la Guadeloupe, dont cinq actuellement basés sur le territoire. Cela démontre la force de notre activité nautique. Certains peuvent jouer les premiers rôles dans leur catégorie. Nous sommes la seule région ultrapériphérique à avoir des skippers engagés sur cette course.

La Route du Rhum contribue à faire émerger des vocations. Beaucoup de jeunes Guadeloupéens rêvent aujourd'hui de participer à cette compétition. La croissance bleue comprend la plaisance, les loisirs et la formation, notamment grâce à nos écoles de voile.

La mer peut-elle devenir un moteur durable de développement économique pour la Guadeloupe ?

Nous devons comprendre que l'avenir économique de la Guadeloupe peut aussi se jouer sur le littoral, à travers la restauration, les loisirs et les activités nautiques. La course nécessite des sponsors, mobilise des entreprises et peut contribuer à créer de l'activité et des emplois. Nous voyons aussi des Guadeloupéens venir à Saint-Malo ou dans l'Hexagone pour investir et créer leur propre emploi.