Par Stéphanie VÉLIN & Christophe VERGER [email protected]

À l’occasion du 2ᵉ Study Tour de l’OECO (Organisation des États de la Caraïbe orientale), organisé les 3 et 4 juin en Guadeloupe et à Marie-Galante, le sous-préfet Jean-François Moniotte et d’autres représentants de la préfecture ont présenté le dispositif mis en place pour anticiper, surveiller et collecter les algues brunes.
La lutte contre les sargasses commence avant même qu’elles n’atteignent les côtes. Les prévisions d’échouement, établies à partir d’analyses en mer, permettent d’évaluer le niveau de risque sur chaque côte. Des caméras installées par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) sur plusieurs sites sensibles aident les communes à suivre l’évolution des dépôts en temps réel. À ces outils s’ajoutent les expertises de l’Agence régionale de santé (ARS), de Météo-France et de Gwad’Air. L’État coordonne l’action, centralise les données et déclenche les alertes. Les opérations de collecte sont remboursées aux collectivités à hauteur de 80 %. Certains équipements, comme les barrages de protection ou les matériels spécifiques, peuvent même être financés à 100 % par l’État.
Un enjeu régional partagé
Le Study Tour de l’OECO a permis de confronter les expériences des différents territoires de la Caraïbe orientale. La Guadeloupe, comme ses voisines, cherche des solutions pour améliorer la prévention, le ramassage et la valorisation des sargasses. Car le fléau ne faiblit pas et les moyens, malgré les efforts, restent en deçà des besoins. Lydia Barfleur, directrice de la coopération régionale à la Région Guadeloupe déclare : « Nous avons établi un réseau caribéen de la qualité de l’air, qui regroupe le Mexique, Cuba, Sainte-Lucie, les Antilles françaises et aussi l’île de Tobago. L’objectif est d’installer des capteurs sur des sites dédiés et de pouvoir échanger avec nos voisins et de voir de façon commune comment on optimise notre réponse à l’alerte ».
Les participants ont visité des sites touchés en Guadeloupe, échangé avec des élus et des techniciens et prirent la mesure d’une réalité : face aux sargasses, la gestion de crise est permanente, et l’innovation est plus que jamais nécessaire. Ces derniers se rendront à Marie-Galante ce jeudi 4 juin, étant l’île de Guadeloupe la plus touchée par les sargasses.
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