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Sécurité routière : des milliers de places de stationnement appelées à disparaître

02 January 2026
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D'ici au 31 décembre 2026, toutes les communes françaises devront supprimer les places de stationnement situées trop près des passages piétons. Issue de la loi d'orientation des mobilités (LOM), cette mesure vise à améliorer la visibilité et à réduire les accidents impliquant des piétons.

Votée en 2019, la loi d'orientation des mobilités (LOM) impose la suppression du stationnement motorisé dans les cinq mètres en amont de chaque passage piéton.

L'enjeu est simple : empêcher la création d'angles morts provoqués par des véhicules stationnés trop près des traversées. Lorsqu'une voiture est garée juste avant un passage clouté, le piéton est souvent contraint de s'avancer sur la chaussée pour vérifier l'arrivée d'un véhicule, s'exposant ainsi à un risque accru. De leur côté, les automobilistes disposent également d'un champ de vision réduit.

Cette situation est l'une des causes majeures des accidents en milieu urbain. Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 456 piétons ont perdu la vie en 2024, soit 14 % de la mortalité routière. Sept accidents mortels sur dix surviennent en ville, et le manque de visibilité lié à un véhicule en stationnement est fréquemment en cause. En libérant les abords immédiats des passages piétons, cette réforme vise donc à protéger les usagers les plus vulnérables.

Un bouleversement urbain coûteux pour les communes

Partout en France, des dizaines de milliers de places de stationnement vont ainsi disparaître. À Paris, près de 20 000 emplacements sont concernés. Pour les municipalités, cette transformation dépasse largement le simple ajustement local. Les travaux de mise en conformité suppression des places, nouvelle signalisation, réaménagement de l'espace public seront intégralement à la charge des communes.

Dans certains cas, la facture peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, voire davantage.  À Saint-Quentin, dans l'Aisne, l'opération a par exemple coûté près de trois millions d'euros.

Au-delà de l'aspect financier, la disparition de places de stationnement soulève des questions d'acceptabilité sociale, notamment dans les centres-villes où se garer est déjà difficile.

Pourtant, l'espace libéré peut être réinvesti de manière utile : stationnement pour vélos, végétalisation à condition de préserver la visibilité ou un élargissement des cheminements piétons.

Ces aménagements s'inscrivent dans une logique plus large de promotion des mobilités actives, de densification urbaine maîtrisée et d'adaptation au changement climatique.

Les automobilistes devront également s'adapter. Stationner à moins de cinq mètres en amont d'un passage piéton constitue un stationnement très gênant, passible d'une amende de 135 euros, pouvant être minorée ou majorée, sans retrait de points.

Une sanction dissuasive, destinée avant tout à renforcer la sécurité. Car si cette mesure peut compliquer les habitudes, elle répond à un objectif essentiel : sauver des vies en rendant l'espace public plus lisible et plus sûr pour tous.