Local News

Séismes au Venezuela : Washington accorde une trêve humanitaire à ses sanctions

26 June 2026
Promote your business with NAN

Par Jacques VILUS

Ce jeudi 25 juin 2026, le département du Trésor a officiellement émis un décret permettant de contourner temporairement le très strict Règlement sur les sanctions contre le Venezuela.
Ce jeudi 25 juin 2026, le département du Trésor a officiellement émis un décret permettant de contourner temporairement le très strict Règlement sur les sanctions contre le Venezuela. • PAR RÉSEAU SOCIAL, RCAMACHOVZLA

Face à la dévastation causée par les séismes jumeaux du 24 juin, les États-Unis ont annoncé jeudi 25 juin un assouplissement temporaire de leurs sanctions. Le Trésor américain autorise les transactions liées aux secours et débloque 150 millions de dollars. Une respiration vitale pour les secouristes, mais qui ne signe en rien la fin de l’isolement financier de Caracas.

L’ampleur du désastre dicte parfois sa propre géopolitique. Face au paysage « terrifiant » décrit par les Nations Unies après la double secousse (magnitudes 7,2 et 7,4 à 39 secondes d’intervalle) qui a fait au moins 589 morts et 2 980 blessés au Venezuela, l’administration américaine a dû adapter sa stratégie de pression. Ce jeudi 25 juin 2026, le département du Trésor a officiellement émis un décret permettant de contourner temporairement le très strict Règlement sur les sanctions contre le Venezuela (VSR). Jusqu’au 23 octobre 2026, les transactions financières dirigées vers le pays sud-américain sont autorisées, à l’unique condition qu’elles soient strictement destinées aux « opérations de secours ». Pour appuyer cette décision administrative, le département d’État a joint le geste aux textes : une enveloppe de 100 millions de dollars est directement allouée au Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) basé au Venezuela, complétée par 50 millions pour la logistique de terrain.

Sauver des vies avant tout, sans renflouer les caisses de l’État

Si le guichet de l’aide d’urgence est ouvert, le coffre-fort de l’État vénézuélien reste, lui, hermétiquement clos. La directive de Washington est rédigée avec une précision chirurgicale pour éviter tout appel d’air économique. Le Trésor précise clairement que cette dérogation n’inclut aucun déverrouillage des actifs nationaux gelés par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme officiel de contrôle financier du département du Trésor américain. Toute autre transaction ou activité commerciale hors du spectre de la survie immédiate demeure interdite. Il ne s’agit donc pas d’une levée des sanctions, mais d’une fenêtre de tir humanitaire strictement balisée pour éviter d’asphyxier les secours internationaux ou les initiatives de la société civile caribéenne, qui se mobilisent pour envoyer vivres et médicaments.

Une parenthèse vitale de quatre mois au milieu des ruines

Ce pas de deux de la Maison Blanche reflète la ligne très dure que tient Washington depuis le séisme politique de janvier dernier. Depuis l’arrestation de Nicolás Maduro et l’installation de Delcy Rodríguez à la présidence par intérim, les États-Unis observent Caracas sans rien céder, n’accordant qu’au compte-goutte quelques autorisations de vendre du pétrole. En ouvrant le robinet des secours tout en gardant les comptes bancaires vénézuéliens sous clé, les Américains envoient un message limpide : d’accord pour aider les victimes, mais pas question de faire un cadeau politique au pouvoir en place. Les sauveteurs obtiennent quatre mois de répit sur le terrain.