Téléphone au volant : suspension immédiate du permis à La Réunion dès ce lundi
À compter du 1er juin, les automobilistes réunionnais contrôlés en train de tenir leur téléphone en main pendant la conduite s'exposent à une suspension administrative de 28 jours de leur permis, sans attendre la décision d'un juge.
La semaine dernière, lors d'une opération de contrôle routier, la préfecture de La Réunion avait annoncé la couleur. Vincent Bernard-Lafoucrière, directeur de cabinet du préfet, avait détaillé les nouvelles dispositions entrées en vigueur ce lundi 1er juin. Désormais, en plus de l'amende forfaitaire de 135 euros et du retrait de trois points, tout conducteur surpris avec un téléphone en main pourra se voir retirer son permis sur-le-champ pour 28 jours. L'objectif est clair : faire reculer une pratique encore trop fréquente sur les routes de l'île. Selon les autorités, téléphoner en conduisant multiplie par trois le risque d'être impliqué dans un accident. Pire, lire ou envoyer un message ferait bondir ce risque par 23.
La mesure tombe dans un contexte préoccupant. Depuis le début de l'année, la Police nationale a constaté 895 infractions pour usage du téléphone au volant à La Réunion, soit une hausse de 13 % par rapport à la même période en 2025. Une tendance que la préfecture espère inverser grâce à cette suspension administrative immédiate. La Réunion rejoint ainsi un dispositif déjà testé dans quatre autres départements français. Les Landes ont ouvert la voie en novembre 2025, suivies par le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime depuis le 1er mai dernier. Dans les Landes, les résultats sont encourageants : en trois mois, 200 suspensions ont été prononcées et les infractions ont baissé de 10 %. Ce durcissement s'appuie sur une disposition légale qui permet aux préfets de suspendre administrativement le permis de conduire pour une durée de 15 jours à six mois, sans attendre une décision judiciaire. Cette mesure peut être appliquée immédiatement, dès la verbalisation, en complément des sanctions existantes.
Manger, fumer, se maquiller, conduire pieds nus : qu'est-ce qui est vraiment interdit ?
Si le téléphone fait désormais l'objet d'une sanction exemplaire, d'autres comportements courants au volant restent dans un flou juridique. Pourtant, ils peuvent tout autant nuire à la vigilance.
Manger au volant : rien n'interdit explicitement de grignoter ou de tenir un sandwich en conduisant. Mais l'article R.412-6 du Code de la route précise que “tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent”. Un agent peut donc estimer qu'une main occupée par un aliment réduit la capacité à réagir et verbaliser.
Fumer en conduisant : aucun texte ne l'interdit non plus, sauf si un mineur est à bord (où l'interdiction de fumer dans un véhicule clos s'applique). Là encore, l'article R.412-6 peut servir de base à une verbalisation si le geste est jugé dangereux.
Se maquiller au volant : le Code de la route ne mentionne pas explicitement cette pratique. Mais se refaire une beauté en jetant un coup d'œil dans le rétroviseur, même à un feu rouge, peut être considéré comme une distraction. Mieux vaut se garer, couper le moteur et se maquiller tranquillement.
Conduire pieds nus : aucun texte ne l'interdit. Pourtant, un gendarme ou un agent de police peut estimer que l'absence de chaussures nuit à la maîtrise des pédales en cas d'urgence. Dans ce cas, l'amende forfaitaire est de 35 euros (minorée à 22 euros).
Dans tous ces cas, la règle d'or reste la même : le conducteur doit avoir les deux mains disponibles et une vigilance totale. À chaque agent d'apprécier, au cas par cas, si le comportement constitue ou non un danger.
Related News
"Flottille pour Gaza": les Français rentrés à Paris rapportent violences et humiliations
Ebola en RDC: un premier cas signalé au Sud-Kivu où l’épidémie se propage
Moscou appelle étrangers et diplomates à quitter Kiev avant de nouvelles frappes russes