Troisième coupure en dix jours : les pannes à Albioma plombent la campagne sucrière
Depuis le début de la campagne sucrière, Albioma accumule les pannes. Ce vendredi, c'est la troisième interruption en dix jours. Sans vapeur, la sucrerie de Gardel se retrouve à l'arrêt.
La campagne sucrière guadeloupéenne est décidément mal partie. Après un démarrage retardé de deux semaines, les difficultés s'accumulent. Ce vendredi 20 mars, dès l'aube, la sucrerie de Gardel a dû cesser son activité. En cause : une nouvelle défaillance d'Albioma, la centrale thermique chargée de fournir la vapeur indispensable au broyage de la canne. Les opérateurs de récolte, qui avaient déjà rempli leurs chariots, ont reçu l'ordre d'arrêter les coupes. La canne qui s'entasse risque de se détériorer rapidement. À Gardel, le constat est amer. "Nous sommes à l'arrêt depuis 6h00 du matin", confie un agent sur place. "Redémarrage prévu peut-être 22h00 ce soir, voilà la nouvelle situation. Il n'y aura pas de livraison de canne aujourd'hui".
Car sans vapeur, pas de broyage possible. Et sans broyage, il est inutile de peser la canne, ni d'en mesurer la richesse saccharine. La chaîne de production s'arrête net. Les tiges déjà récoltées se détériorent dans la cour de l'usine du Moule et désormais aussi dans les chariots des opérateurs, immobilisés en pleine campagne.
Les planteurs, nouvelles victimes de la panne
Jusqu'ici, les planteurs avaient été relativement épargnés par ces interruptions. Ils avaient eu le temps de vendre leur production avant les pannes successives. C'est l'usine qui assumait les "pots cassés". Mais cette fois, la donne a changé. Vers 10h00, les opérateurs de récolte, qui s'affairaient dans les champs, ont reçu l'ordre d'arrêter leurs chantiers de coupe. Mais depuis ce matin, ils ont eu le temps de remplir un certain nombre de chariots. Ces précieuses tiges ne seront ni pesées aujourd'hui, ni sondées pour la mesure de la richesse saccharine.
Si cet arrêt se prolonge, c'est désormais les planteurs qui risquent de subir des pertes financières. La canne coupée doit être broyée dans les heures qui suivent la récolte, faute de quoi elle perd une partie de son sucre et devient impropre à la transformation. Dans la cour de l'usine, sous le soleil, les chariots s'entassent, témoins silencieux d'une campagne qui tourne au casse-tête.
Ces interruptions à répétition mettent sous pression toute la filière canne-sucre-rhum de Guadeloupe. Les planteurs, les opérateurs de récolte, les transporteurs, les ouvriers de l'usine : tous sont suspendus aux aléas techniques d'Albioma. Alors que la campagne sucrière avait déjà pris du retard, ces pannes successives compromettent les objectifs de production. Et au-delà des chiffres, c'est la viabilité économique de nombreux exploitants qui se joue dans les semaines à venir.
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