Trophée Jules Verne: après le record, un bain de foule émouvant pour Coville et Sodebo
Il a fallu redevenir terrien. Après avoir passé 40 jours en mer à boucler un tour du monde record, récompensé dimanche par le Trophée Jules Verne, Thomas Coville et ses équipiers ont été accueillis en héros par des centaines de personnes à Brest.
"C'est un bel ouvrage", a déclaré en premier à la foule rassemblée quai Malbert le skipper de 57 ans, en hommage à son père décédé, qui aimait le répéter en écoutant les arrivées de course à la radio, lui donnant envie de faire de la voile.
Le Sodebo Ultim 3 a touché terre aux alentours de 13h30. Six heures plus tôt, il avait franchi la ligne d'arrivée au large d'Ouessant dans une mer agitée, mettant fin à un périple de 40 jours et 10 heures, nouveau record absolu du tour du monde à la clé.
Entre-temps, des centaines de Brestois, des proches mais aussi de nombreuses légendes de la voile ont profité de l'occasion pour venir se serrer devant le ponton d'honneur, sous une belle lumière hivernale.
"Un marin merveilleux"
"C'est magnifique. Le tour du monde, c’est un parcours complet. Je trouve ça réconfortant de voir qu’il y a encore des mecs qui ont gardé l'esprit, le désir de se battre, peur de rien. On y va et on fonce", a salué Olivier de Kersauson, qui avait embarqué Coville comme mousse pour son tout premier Trophée Jules Verne en 1997.
"Cela me rend fier, car il me remercie tout le temps. Mais la plus belle récompense, c'est de voir le marin merveilleux qu’il est devenu. Cette voile d’aventure, qui est technique et intelligente, a encore plein d’avenir", a estimé "l'Amiral", âgé de 81 ans.
Difficile de lui donner tort en voyant les yeux de Marin, 12 ans, s'illuminer au moment de taper dans les mains de Coville et ses équipiers, fendant la foule après le traditionnel débouchage du champagne pour se diriger vers une grande scène.
"L'aventure, ça fait rêver", a-t-il timidement glissé à l'AFP en retournant dans les bras de ses parents, qui ont passé les deux derniers mois à lui montrer la trace du Sodebo autour du monde et les vidéos envoyées depuis le bord par les navigateurs.
Charlie Dalin, vainqueur du dernier Vendée Globe, Titouan Lamazou, du tout premier, mais aussi Armel Le Cléac'h ou Bernard Stamm sont tous venus saluer la ténacité de Coville, qui aura eu besoin de quatre essais pour s'offrir son Jules Verne.
"Pas un long fleuve tranquille"
"Ce n'était pas un long fleuve tranquille pour eux, ils avaient une belle météo pour la première partie du voyage, mais après c'est devenu plus compliqué", a estimé Stamm, membre de l'équipage de Francis Joyon en 2017, lors du précédent record.
"Ils ont fait une super navigation. Cela donne envie d'y retourner", a-t-il ajouté, amusé. À fleur de peau, sonné par ses derniers jours au coeur de la tempête Ingrid, Coville a versé de chaudes larmes au moment d'enlacer sa femme et ses deux enfants.
"La joie de passer la ligne est assez éphémère. Ce n’est pas la plus profonde. La vraie joie arrive quand on retrouve tout le monde, quand on sent que tout cela est pleinement réalisé", a soufflé le marin, qui courait après tel coup d'éclat depuis des années.
"Ma qualité, c'est la pugnacité. Je ne lâche pas. J'ai l'habitude d’aller au bout. Aujourd’hui, j’ai l’impression que ça m’a donné raison", a-t-il enfin lancé aux Brestois, quasiment tous bouleversés par son arrivée.
fd/bm

• Sebastien Salom-Gomis

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