Variole du singe : l’alerte monte dans l’océan Indien, La Réunion lance la vaccination ciblée
La circulation du virus Mpox s'intensifie à Madagascar, où près de 250 cas sont confirmés. Face à ce foyer actif dans la zone et après l'identification d'un premier cas importé sur son territoire, l'Agence régionale de la santé de La Réunion lance ce lundi 9 février une campagne de vaccination préventive et gratuite.
La situation épidémiologique dans l'océan Indien connaît une évolution préoccupante. Depuis décembre 2025, le virus Mpox, aussi appelé variole B ou variole du singe, circule activement à Madagascar. La semaine dernière, les autorités sanitaires malgaches faisaient état de 245 cas confirmés et de plus de 300 cas suspects sur la Grande Île, signe d'une transmission communautaire établie. Cette propagation a des répercussions régionales : un premier cas a été confirmé à La Réunion le 22 janvier dernier. Il s'agissait d'une personne résidant sur l'île, de retour d'un séjour à Madagascar. Aucune autre contamination n'a été détectée localement depuis, mais ce cas importé a fait sonner le signal d'alarme auprès des autorités sanitaires réunionnaises.
Pour prévenir tout risque d'introduction et de diffusion durable du virus sur son territoire, l'ARS Réunion a décidé de ne pas attendre. Elle lance ce lundi une campagne de vaccination gratuite, visant spécifiquement les personnes les plus à risque d'exposition. "Afin de protéger les personnes les plus exposées et de limiter le risque d'introduction et de transmission du virus sur le territoire réunionnais", l'agence justifie cette stratégie offensive.
La vaccination préventive est ainsi proposée à plusieurs publics cibles :
- Les personnes originaires de Madagascar (ou d'une zone de circulation active) se rendant sur place pour rendre visite à leur famille, en fonction des conditions d'exposition prévues.
- Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
- Les travailleurs du sexe et les gérants de lieux de consommation sexuelle.
- Les professionnels de santé et humanitaires susceptibles d'être exposés dans une zone à risque.
- Les personnes immunodéprimées devant se rendre dans une zone de circulation active.
Parallèlement, une vaccination réactive est possible sur décision médicale pour les personnes identifiées comme "contacts à risque" d'un cas confirmé. Elle doit idéalement intervenir dans les 4 jours suivant l'exposition, et au plus tard sous 14 jours.
Deux doses pour une immunité complète, sauf antécédent vaccinal
Pour les publics éligibles, le vaccin et l'acte de vaccination sont entièrement pris en charge. Pour les autres voyageurs se rendant à Madagascar, seul le vaccin est gratuit, l'injection restant à leur charge. Le schéma vaccinal complet nécessite deux injections, espacées de 4 semaines. La protection est considérée comme effective deux semaines après la seconde dose. Une dispense partielle existe : les personnes ayant été vaccinées contre la variole dans leur enfance ne nécessitent qu'une seule dose de rappel.
Cette campagne proactive illustre la volonté des autorités de La Réunion de tirer les leçons des crises sanitaires passées en agissant rapidement pour circonscrire la menace, alors que le trafic aérien et les liens familiaux entre La Réunion et Madagascar sont denses. La vigilance reste de mise, tant que le foyer malgache restera actif.
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