Par Stéphanie VÉLIN [email protected]

À mesure que la population de la Guadeloupe prend de l'âge, la question du bien vieillir se pose. Le débat révèle une réalité plus complexe qu'un simple choix binaire : rester chez soi, quitte à s'isoler ou se résoudre à partir pour l'Ehpad.
Partir. Le verbe charroie tout un cortège
d'images. Et parmi elles, celle d'un départ définitif, d'une
rupture avec son quotidien, ses proches, sa vie d'avant, son
« moi » d'avant. Au sein des Établissements d'hébergement
pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les encadrants en sont
conscients et tentent d'offrir une troisième voie par l'Ehpad à la
maison : vieillir chez soi tout en bénéficiant de l'encadrement
d'un Ehpad.
L'Ehpad, encore un
« mouroir » ?
Le rapport culturel au domicile est
particulièrement fort en Guadeloupe. Vieillir chez soi demeure la
norme implicite. Vieillir entouré des siens a longtemps été presque
une obligation morale. « Beaucoup ont retardé au maximum
l'entrée en Ehpad parce qu'il y a une forme de culpabilité. Ici, il
y a en plus, le regard des autres, le
qu'en-dira-t-on », observe Virginie Louisfert,
coordinatrice du Centre de ressources territoriales (CRT) An Kaz an
Mwen de l'Ehpad Les roses de Lima, à Sainte-Rose. Les familles
retardent souvent l'entrée en Ehpad jusqu'à l'épuisement,...
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