Par Stéphanie VÉLIN [email protected]

De plus en plus spectaculaires, les violences impliquant des adolescents interrogent la société guadeloupéenne. Aux Abymes, les professionnels de l'Équipe mobile adolescents (EMADO) observent un malaise profond, nourri d'angoisse et de mutation accélérée des relations sociales.
La rubrique « faits divers » en regorge.
Une succession d'affaires parfois tragiques dont les acteurs sont
encore mineurs. Pour tenter de comprendre ce qui les pousse à la
violence, il faut toucher à la sociologie, à l'histoire - il est si
particulier d'aborder la problématique de la violence dans une
société pétrie par celle de l'esclavage -, à la psychologie, et
même à la philosophie : « en philosophie et en
psychologie, on se pose les mêmes questions : qui
suis-je ? Qu'est-ce que le bien et le mal ? Cependant, en
psychologie on s'attache à la singularité de l'individu. Car nous
sommes faits de l'étoffe de nos souvenirs », affirme Stéphane
Hélène, psychologue de l'Équipe mobile adolescents de Grande-Terre
(EMADO-GT) et docteur en philosophie.
Mémoire de la violence
Pour les professionnels de l'EMADO-GT, le
phénomène ne peut se comprendre à l'aune de l'émotion seule.
« Nos deux principaux motifs de consultation, ce sont les
troubles du comportement et les troubles anxieux », explique
la Dr Marina Blum, psychiatre-pédopsychiatre et responsable de
l'équipe. Agressivité verbale ou physique, opposition, provocation,
mais aussi angoisses diffuses, somatisations, stress
chronique : la violence apparaît souvent comme une expression,
non comme une cause. À l'EMADO-GT, la violence est d'abord pensée
comme un symptôme. « Quand on a peur ou on est stressé, on est
agité. On peut se montrer agressif, voire violent », résume Dr
Blum.
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