Pénurie de carburant : Macron rassure et appelle à éviter « les comportements de panique »
Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient font craindre une pénurie énergétique, Emmanuel Macron s’est voulu rassurant ce samedi 25 avril. Depuis Athènes, le chef de l’État a affirmé que la situation est « contrôlée » et n’envisage « aucune pénurie » à ce stade.
La veille, vendredi 24 avril, lors de la World Policy Conference organisée par l’IFRI à Chantilly, Patrick Pouyanné avait posé une hypothèse inquiétante. Si le blocage du détroit d'Ormuz, dans le Golfe, perdurait « encore deux ou trois mois », la France entrerait « dans une ère de pénurie énergétique ». Une déclaration qui a fait l’effet d’une bombe dans un contexte déjà tendu. Interrogé sur cette hypothèse lors d’une conférence de presse à Athènes, Emmanuel Macron a pris soin de ne pas citer directement le patron de TotalEnergies, mais sa réponse était claire. « On n’est pas dans le scénario qui est un des scénarios du pire que vous avez décrit, qui n’est aujourd’hui pas le plus probable et qu’il n’appartient pas de commenter », a déclaré le président français.
Une manière de recadrer le débat sans entrer dans une polémique frontale avec l’un des patrons les plus influents du pays.
« La pénurie, on la crée par des comportements de panique »
Emmanuel Macron en a profité pour appeler à la responsabilité collective. « Je me garderais bien de faire de la politique-fiction, parce que je sais comment la psychologie peut se comporter. On n’est pas là pour expliquer le pire des risques », a-t-il poursuivi, mettant en garde contre les dérives. Selon lui, « la pire des choses, dans ces moments où il y a des tensions, de l’incertitude géopolitique, c’est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique. Et bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes ». Une allusion directe aux risques de ruées vers les stations-service, comme on a pu en voir lors des épisodes de grève ou de tensions passées.
Emmanuel Macron a livré un message rassurant : « Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée, malgré l’impact sur les prix », a-t-il déclaré, ajoutant qu' « aujourd’hui la situation ne nous fait envisager aucune pénurie ». Le président a également appelé à « une réouverture complète, conforme au droit international, à la liberté de navigation, sans péage du détroit d'Ormuz », en vue d’un retour à la normale qui ensuite serait progressif. Un appel à la communauté internationale pour résoudre la crise à la source.
Des aides d’urgence pour les plus touchés
L’exécutif n’a pas attendu les déclarations présidentielles pour agir sur le terrain. Mardi, le gouvernement a annoncé une nouvelle aide destinée à 3 millions de « travailleurs modestes grands rouleurs », ainsi qu’un soutien accru aux pêcheurs et agriculteurs, durement affectés par la flambée persistante des prix des carburants. Le gouvernement a également prolongé les aides sur les carburants, les élargissant à des secteurs comme le bâtiment, les taxis et les VTC. Le coût de ces aides atteint 180 millions d’euros pour le seul mois de mai, a détaillé David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, mercredi à l’issue du conseil des ministres.
Le conflit au Moyen-Orient a également eu des répercussions sur l’inflation. Dans la zone euro, celle-ci a été révisée en hausse en mars, à 2,6 % sur un an, contre 2,5 % annoncé, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis juillet 2024. Une forte progression par rapport à février, où l’inflation ressortait à 1,9 %. Les prix ont été tirés à la hausse par les tensions géopolitiques, l’envolée du pétrole et du gaz. Les ménages et les entreprises subissent de plein fouet ces hausses, ce qui explique les mesures d’urgence prises par le gouvernement.
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