Au Japon, les omniprésents distributeurs de boissons sous pression de l’inflation
Des bureaux de poste aux parcs et jardins, dans les gares, dans les rues, et même au sommet du mont Fuji, les distributeurs automatiques sont omniprésents au Japon... mais leur nombre va se réduire, victime de l'inflation des prix des boissons.
Ces machines qu'on trouve partout à travers l'archipel proposent à toute heure une multitude de boissons, du thé glacé au café en boîte, froid ou chaud.
Avec le ralentissement de la demande pour ces boissons dû à la flambée rapide des prix pratiqués par ces distributeurs automatiques, les exploitants sont contraints de repenser leur modèle économique.
En mars, le géant des boissons DyDo Group Holdings a annoncé qu'il retirerait d'ici janvier 2027 environ 20.000 distributeurs, soit environ 7% de son parc à l'échelle du pays, afin de "reconstruire un réseau rentable".
Pokka Sapporo Food & Beverage, basée à Nagoya (sud), a également annoncé le mois dernier vouloir céder son activité de 40.000 distributeurs automatiques à un rival, Lifedrink, basé à Osaka.
"La force du secteur des distributeurs automatiques a toujours été de vendre aux prix catalogue. Mais la hausse de ces prix catalogue pousse de plus en plus de gens à se tourner vers des magasins qui vendent des boissons à prix réduit", explique à l'AFP une porte-parole de Pokka Sapporo.
De fait, Tetsuharu Kawaguchi, 31 ans, employé dans une entreprise de livraison de repas, confirme à l'AFP que le coût est le facteur principal qui l'a incité à délaisser les distributeurs automatiques.
La bouteille d'eau proposée dans les machines "revient à environ 130 yens (70 centimes d'euros). Si vous allez dans un +konbini+ (supérette), vous pouvez parfois l'obtenir un peu moins chère, et des enseignes comme les drugstores la vendent souvent à un prix très bas!", explique-t-il.
Des écarts qui ont leur importance à l'heure où le Japon, longtemps hanté par la déflation, se débat depuis le printemps 2022 avec une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%, une envolée du coût de la vie peu compensée par les salaires.
Kazuhiro Miyashita, de l'institut de recherche Inryo Soken, spécialisé dans l'industrie des boissons, met en avant la hausse des coûts du carburant et de la main-d'œuvre pour approvisionner les machines, qui rogne les marges des opérateurs.
"S'ils parviennent à contenir les prix grâce à des réductions de coûts, ils pourront peut-être tenir tête aux supérettes", déclare-t-il cependant à l'AFP.
"Plutôt pratique"
De son côté, Takayuki Ishizaki, expert du Nomura Research Institute, estime que la montée de la conscience écologique joue également un rôle dans cette évolution.
"Cela amené certaines personnes à arrêter d’acheter des boissons à l’extérieur et à utiliser leurs propres gourdes (à remplir)", insiste-t-il.
Pour autant, les distributeurs automatiques, où l’on peut aussi trouver des nouilles ramen, des fruits coupés, ou encore des crêpes, sont peu susceptibles de disparaître de sitôt.
"En fin de compte, l'immense avantage de pouvoir en trouver un simplement en marchant une courte distance pratiquement n'importe où (au Japon) est quelque chose qui ne peut pas vraiment être remplacé", indique M. Ishizaki.
"La dynamique, désormais, est en faveur d'une implantation plus stratégique et sélective", conclut-il.
Taisuke Oguro, 27 ans, coiffeur à Tokyo, espère bien que ces distributeurs survivront: "Dans les endroits où il n’y a pas de +konbini+, c'est plutôt pratique d'en avoir un!".
kh/aph/jug/ep/alh

• Andrew CABALLERO-REYNOLDS

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