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Temu, Shein, AliExpress : 75 % des produits testés non conformes, 46 % dangereux

29 April 2026
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C’est une alerte qui devrait interpeller les millions de Français adeptes du shopping en ligne sur Temu, Shein et AliExpress. Selon un bilan de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes les trois-quarts des produits testés sur ces plateformes sont « non-conformes » et près d’un sur deux (46 %) est considéré comme « dangereux ».

Les agents de la Répression des fraudes ont mené une vaste opération depuis avril 2025. Sept sites étrangers, prisés par les consommateurs en quête de bas prix, ont été épluchés. Les enquêteurs ont joué les clients mystères, commandés des colis, puis les ont analysés en laboratoire. Au total, 650 références ont été testées : jouets, vêtements, bijoux, appareils électriques… Le verdict est sans appel. Sur l’ensemble des produits testés, 75 % sont jugés non conformes, et 46 % sont considérés comme dangereux. « C’est la première fois qu’on est confronté à des plateformes qui contournent à ce point les règles, ce qui nous pousse à nous adapter », explique un conseiller de Bercy.

Parmi les dangers identifiés : des vêtements et bijoux contenant des traces de contaminants chimiques comme le cadmium (cancérigène), des jouets présentant des risques d’étouffement ou avec des piles facilement accessibles (risque d’ingestion pour les enfants), et des appareils électriques défectueux. Dans cette dernière catégorie, les produits pour la coiffure (sèche-cheveux, lisseurs) sont particulièrement touchés : 73 % d’entre eux ont été jugés dangereux, avec des risques d’incendie. « Les risques pour la santé et la sécurité des consommateurs sont généralisés, et l’absence de contrôle par les sites eux-mêmes est systémique », conclut le ministère.

VigE-commerce : une cellule de surveillance interministérielle

Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement a décidé de muscler son dispositif. Une cellule de surveillance interministérielle, baptisée « VigE-commerce », est créée. Elle mobilise une trentaine d’agents issus de la Direction générale de la Santé, des Finances publiques et de la Répression des fraudes. Leur mission : surveiller en continu les plateformes d’e-commerce étrangères, détecter les produits dangereux et coordonner les actions de retrait.

Temu promet de renforcer la conformité

Sous pression, Temu a réagi. La plateforme chinoise annonce ce mercredi « renforcer son dispositif de conformité produits » en s’associant avec QIMA, une société française spécialisée dans l’analyse de la production des usines à l’international. L’objectif affiché : « renforcer la conformité et la sécurité des produits vendus sur l’ensemble de la plateforme ». Concrètement, les services de tests et de certification de QIMA seront intégrés au Centre des vendeurs de Temu, rendant ainsi les outils de conformité accessibles aux vendeurs. La plateforme précise que ce partenariat s’inscrit dans un programme plus large de sécurité des produits. En 2025, Temu a consacré environ 100 millions de dollars au renforcement de ses dispositifs de conformité, et prévoit de doubler cet investissement en 2026.

Shein et AliExpress n’ont pas fait de déclaration dans l’immédiat.

Une alerte pour les consommateurs

Plus de 100 000 produits doivent être retirés de la vente, selon la DGCCRF. Les consommateurs sont invités à la plus grande vigilance lorsqu’ils achètent sur ces plateformes, notamment pour les jouets, les appareils électriques et les vêtements destinés aux enfants. « Acheter moins cher peut coûter très cher en termes de santé », résume un agent de la Répression des fraudes. Le gouvernement promet des contrôles renforcés. Reste à savoir si les plateformes joueront le jeu. En attendant, les agents de Bercy continuent de scruter les colis.