Après la diffusion de la liste dégradante, les élèves du lycée Jardin d’Essai se mobilisent
Par Dragan [email protected]

Au lycée Jardin d’Essai des Abymes ce mercredi matin, des élèves se sont mobilisés après la diffusion d’une liste dégradante visant à classer des jeunes filles dans des catégories humiliantes. L’établissement a mis en place un dispositif d’accompagnement pour les victimes, tandis qu’une plainte et un signalement au procureur ont été déposés.
"Nos corps ne sont pas des jouets", "Ton classement ne détermine pas ma valeur", "Stop au sexisme" : tels sont les messages affichés ce mercredi matin sur les pancartes des lycéens venus manifester contre la liste dégradante réalisée par des garçons de l’établissement, visant à classer les filles du lycée dans des catégories humiliantes. Sur place, des victimes de la liste sortent du silence et ont fait part de leur dégoût. "Quand j’ai découvert que j’étais sur cette liste, c’est un sentiment de haine qui est immédiatement venu, explique Éléa, élève de première au lycée. Des dizaines de filles ont également été maltraitées verbalement. J’aimerais mettre en lumière toutes ces personnes qui refusent de parler car elles ont honte et se sentent seules".
Les victimes connaissaient bien le groupe
Une de ses camarades, Inès, s’est sentie humiliée lorsqu’elle s’est vue dans la liste. "Je n’avais pas de problèmes les personnes ont réalisé cette liste. Alors que pourtant je les connais". Ces garçons appartiendraient à une bande vivement dénoncée par les élèves mobilisés. "Honte à BVC" pouvait notamment être lu sur plusieurs pancartes et entendu parmi les slogans scandés durant la manifestation. BVC, pour "Black Vocal Crew", désigne le groupe de jeunes présenté comme étant à l’origine de cette liste. Cette bande compterait une quarantaine de membres. Six d’entre eux ont été invités à quitter l’établissement et à être récupérés par leurs parents après leur implication présumée dans la création et la diffusion de cette liste. Des élèves nous ont rapporté que certains ont quitté le groupe tant il était choqué et déçu.
L’établissement assure un suivi des victimes
Sur place, le proviseur du lycée, Harry Araminthe, a mis en place un dispositif d’accompagnement destiné aux victimes. "La prise en charge des victimes a été mise en place immédiatement, notamment pour les familles qui souhaitent être accompagnées, indique le chef d’établissement. Une cellule d’écoute a également été instaurée. Les élèves mis en cause ont été écartés de l’établissement à titre conservatoire pendant plusieurs jours. Des mesures disciplinaires seront prises. Une plainte a été déposée par l’établissement et un signalement a été transmis au procureur de la République. Nous invitons également tous les parents des victimes à porter plainte afin que de tels faits graves ne se reproduisent plus".

• Dragan JASMIN

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