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Cuba accuse Washington d’un « blocus énergétique génocidaire »

14 May 2026
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Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé mercredi 13 mai la responsabilité des États-Unis dans la « situation particulièrement tendue » du réseau électrique de l’île, qui s’est à nouveau dégradée ces derniers jours. Selon des chiffres officiels compilés par l’AFP, 65 % du territoire a subi des coupures simultanées mardi.

Le 12 mai, près des deux tiers du pays ont connu des pannes de courant en même temps, un niveau d’effondrement rarement atteint depuis le début de la crise énergétique amorcée à la mi2024. Les Cubains subissent quotidiennement des coupures qui dépassent 19 heures dans certaines régions, et plusieurs provinces restent plongées dans le noir des journées entières. La plupart des habitants passent désormais plus de temps sans électricité qu’avec. Cette aggravation intervient après une légère accalmie en avril, permise par l’arrivée d’un seul pétrolier russe transportant 100 000 tonnes de brut. Ce navire a pu accoster à Cuba grâce à une autorisation exceptionnelle des autorités américaines, mais depuis fin janvier, Washington a drastiquement restreint tout approvisionnement extérieur.

Sur le réseau social X, Miguel Diaz-Canel a été sans ambiguïté : "Cette aggravation dramatique a une seule cause : le blocus énergétique génocidaire auquel les États-Unis soumettent notre pays, menaçant de droits de douane irrationnels tout pays qui veut nous fournir du carburant". Selon lui, cette « persécution énergétique » s’inscrit dans « un plan pervers » de Washington dont « l’objectif principal est la souffrance de tout un peuple pour le prendre en otage et le dresser contre le gouvernement ». Le chef de l’État a répondu aux déclarations de Donald Trump, qui avait qualifié l’île de « faillite », en assurant que Cuba reste « debout ».

Des infrastructures vieillissantes et une dépendance au pétrole

Le réseau électrique cubain repose sur sept centrales thermiques, beaucoup ayant plus de 40 ans d’exploitation, sujettes à des pannes fréquentes et à de longues maintenances. Le pays produit environ 40 000 barils de brut lourd par jour, essentiellement destiné à ces usines. Des groupes électrogènes de secours, alimentés au diesel importé, complètent le dispositif mais restent insuffisants. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a indiqué que Cuba aurait besoin de huit navires par mois pour assurer ses besoins en essence, diesel et gaz liquéfié. Or, depuis le début de l’année, un seul pétrolier a été autorisé à accoster. Depuis fin 2024, l’île a subi sept coupures généralisées, dont deux en mars 2026.

Face à l’étau pétrolier, La Havane accélère son virage vers les énergies renouvelables, avec l’aide de la Chine. Depuis 2025, 56 parcs photovoltaïques ont été installés, couvrant près de 10 % de la production électrique nationale (contre 3 % fin 2024). Les autorités visent 15 % d’ici la fin de l’année. L’objectif est double : réduire la dépendance aux importations de carburant et atténuer les effets d’un blocus que Cuba juge illégal. Mais pour l’instant, les coupures restent la norme, et la vie quotidienne des Cubains est profondément perturbée.