Fred Negrit, 76 ans, président fondateur du Conseil guadeloupéen pour la promotion des langues indiennes (CGPLI), vient de s’éteindre. Professeur de français et d’anglais de métier, il a voué sa vie à empêcher que les langues et les coutumes de l’Inde ne s’éteignent sous le soleil des Antilles.
Fred Negrit donne des cours gratuits d’hindi, de sanskrit et de tamoul à qui veut apprendre. L’idée fait son chemin. En 2002, il fonde le Conseil guadeloupéen pour la promotion des langues indiennes (CGPLI), une association qui devient rapidement bien plus qu’un lieu d’apprentissage. C’est un centre culturel vivant, où l’on célèbre Diwali, où l’on transmet des chants, des recettes, des rites. Cet engagement, il le mène tout en enseignant le français et l’anglais dans les collèges de Saint-François et de Douville (Sainte-Anne). Pendant 35 ans, il forme des générations d’élèves, avant de prendre sa retraite comme principal adjoint. Mais son vrai travail, celui de la transmission des racines, ne s’arrête jamais.
En 2024, l’Inde lui décerne le Padma Shri, la quatrième plus haute distinction civile du pays. Une rareté pour un Français et une première pour un acteur culturel des Antilles. Cette récompense consacre des décennies d’efforts pour maintenir vivant le lien entre la Guadeloupe et l’Inde, bien au-delà des clichés ou des commémorations. Fred Negrit ne s’est jamais contenté de la culture. Bénévole à la Croix-Rouge pendant plus de vingt ans, il y a reçu une médaille d’or pour son service. Un homme de paix, de partage, d’abnégation.
Un héritage qui dépasse les frontières de l’archipel
Grâce à lui, des centaines d’enfants et d’adultes ont appris à lire et écrire l’hindi ou le tamoul, des langues qui risquaient de disparaître des mémoires antillaises. Le CGPLI reste aujourd’hui l’unique établissement du genre aux Antilles françaises, offrant des cours, des ateliers et des événements ouverts à tous. Né le 7 juin 1949, Fred Negrit aura marqué de son empreinte la vie culturelle guadeloupéenne. Son sourire légendaire, sa gentillesse sans faille et son militantisme tranquille ont fait de lui une figure respectée bien au-delà du cercle indo-guadeloupéen. La Guadeloupe perd un gardien de mémoire, mais son œuvre, elle, ne s’éteindra pas.