Deux semaines après la diffusion d'un classement sexiste, les élèves de terminale du lycée Jardin d'Essai ont participé à une matinée de sensibilisation pour tenter de transformer le choc en prise de conscience collective.
«92 % de toutes les violences sexistes et
sexuelles et des crimes commis contre des femmes sont exercés par
des hommes », rappelle Sonia, de l'association Koumbit Fanm
karayib. Ce vendredi 22 mai, le lycée Jardin d'Essai des Abymes
organisait un temps de sensibilisation sur le sexisme, pour les 250
élèves de terminale. Pour précédent, le 5 mai dernier, des élèves
garçons avaient publié sur les réseaux sociaux une liste de leurs
camarades filles, selon des catégories humiliantes. Un espace pour
parler s'est ouvert. Du sexisme. Du moment où commence la violence.
Des réseaux sociaux. Et aussi de pardon, de responsabilité et de
reconstruction. L'heure était à la résilience. Les faits sont là,
indélébiles, mais « il faut continuer à avancer », émet
Élisabeth Isaac, documentaliste. Les élèves accueillent les
intervenants et les guident devant le « mur du respect »
puis, tous en blanc, forment une chaîne humaine et écrivent le mot
« respect », avec un point d'exclamation.
Associations féministes, psychologues,
sociologues, policiers, représentants du Fonds des Nations Unies
pour l'enfance (UNICEF) et spécialistes des droits des femmes se
relaient pour animer cette matinée exceptionnelle. « Ce qui
m'a le plus choqué, ce sont les commentaires sur les réseaux
sociaux qui ont prolongé la violence au-delà du lycée, qui disaient
que nous l'avions cherché, que nous n'avions qu'à nous habiller
mieux », émet une jeune fille, dans l'atelier de Koumbit Fanm
Karayib. Les intervenantes distribuent le
« violentomètre », un outil qui identifie les
comportements violents dans une relation. Contrôler le téléphone de
l'autre, insister après un refus...
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