Lors du congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO) à Chicago, des données cliniques concernant le traitement du cancer du pancréas ont été exposées. Parallèlement, le programme français de dépistage personnalisé « Interception » poursuit son déploiement hors de l’Hexagone, incluant le CHU de La Réunion.
Les résultats finaux d’un essai clinique international évaluant le daraxonrasib ont été présentés à Chicago et publiés dans The New England Journal of Medicine. Cet essai a concerné 460 patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique en progression après une première chimiothérapie. Selon les données présentées, la survie médiane a été établie à treize mois et six jours pour les patients sous daraxonrasib, contre six mois et vingt et un jours pour ceux soumis à une chimiothérapie standard. Cette molécule agit en bloquant les mutations du gène K-Ras, identifiées chez la majorité des patients. Les cliniciens soulignent toutefois l’apparition de mutations de résistance à ce traitement, dont l’impact reste à déterminer. De plus, l’accès général à cette molécule en France n’est pas envisagé avant 2027.
Lancement de l’expérimentation nationale du programme Interception
Si le cancer du pancréas fait l’objet d’une attention particulière en raison de son diagnostic souvent tardif, le programme Interception initié en 2021 à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif sous le pilotage du Dr Suzette Delaloge s’avère beaucoup plus large. Expérimenté à l’échelle nationale (l’annocne a été faite en avril) sous l’égide d’Unicancer, ce programme vise à proposer un accompagnement personnalisé à plus de 6 400 personnes identifiées comme présentant un risque accru de développer une pathologie cancéreuse. Le dispositif s’articule autour de huit parcours ciblés de prévention :
- Haut risque de cancer du sein ;
- Haut risque de cancer du poumon en rapport avec le tabagisme ;
- Haut risque de cancer du côlon ;
- Haut risque de cancer du pancréas ;
- Prédispositions héréditaires au cancer du sein ou de l’ovaire ;
- Syndromes de Lynch ;
Expositions au cours de l’enfance à de la chimiothérapie ou de la radiothérapie.
Sur le plan opérationnel, la démarche repose sur une coordination ville-hôpital. Les médecins généralistes évaluent le score de risque individuel de leurs patients via un questionnaire en ligne baptisé Scorisk. Les personnes dont le haut risque est confirmé sont orientées vers un établissement expert pour participer à une « journée OneStop ». Au cours de cette journée, elles bénéficient de consultations spécialisées, d’examens d’imagerie (comme l’IRM ou l’écho-endoscopie pour le pancréas) et de l’élaboration d’un Plan de prévention personnalisé (PPP) assuré ensuite en lien avec le médecin traitant.
7 établissements dont le CHU de La Réunion participent à cette expérimentation nationale
Initialement restreint à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, le réseau s’est progressivement étendu à de nouvelles structures hospitalières de tous statuts (Centres de lutte contre le cancer, établissements publics et privés). Les établissements intégrés ou en cours d’intégration à ce maillage national incluent le Centre Léon Bérard à Lyon, le Centre Eugène Marquis à Rennes, l’Institut Bergonié à Bordeaux, l’Institut Sainte-Catherine à Avignon, la Polyclinique du Parc à Saint-Saulve. Dans ce paysage de déploiement, le CHU de La Réunion (site de Saint-Pierre) constitue actuellement l’unique établissement d’Outre-mer intégré au programme Interception. Pour les régions de la Caraïbe, la situation demeure pour l’heure en retrait.
À ce jour, aucun centre hospitalier de Guadeloupe ou de Martinique n’est formellement inclus dans cette expérimentation nationale de prévention personnalisée. Toutefois, les services hospitaliers antillais travaillant régulièrement en réseau avec des établissements de l’Hexagone [Le CHU de Guadeloupe a signé le 21 janvier 2020 une convention de partenariat avec l’institut Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe afin d’améliorer la prise en charge des patients. Le 21 avril 2022 a été officiellement signée une convention entre le CHU de Martinique et l’Institut Gustave Roussy], les patients de nos territoires présentant des risques génétiques avérés ou des prédispositions héréditaires pourraient en théorie bénéficier déjà d’orientations médicales vers ces structures partenaires. Néanmoins, une intégration directe des CHU de Guadeloupe et de Martinique au sein même du dispositif Interception constituerait une avancée significative, permettant de structurer et d’optimiser cette prévention de pointe directement sur le sol antillais.
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