Non-lieu dans l’affaire du chlordécone : la CGTG Banane dénonce une ” justice de classe ” et appelle à la mobilisation
Quelques heures après la confirmation du non-lieu dans l'affaire du chlordécone par la Cour d'appel de Paris, la CGTG Banane exprime sa colère et son incompréhension. Le syndicat des ouvriers agricoles dénonce une décision qu'il qualifie d'" inique " et réclame des mesures fortes de réparations.
La décision judiciaire a ravivé la colère d'une partie du monde agricole guadeloupéen. Ce matin, la Cour d'appel de Paris a confirmé le non-lieu déjà prononcé en première instance le 2 janvier 2023 dans le dossier de l'utilisation du chlordécone aux Antilles françaises.
Dans un communiqué particulièrement virulent, la CGTG Banane affirme ne pas être surprise par cette décision, qu'elle considère comme une nouvelle illustration d'une absence de reconnaissance des souffrances subies par les ouvriers agricoles et la population exposée au pesticide.
Une condamnation générale
Dans son texte, l'organisation syndicale met directement en cause les grands planteurs de bananes, les responsables politiques et les institutions judiciaires. Elle estime que les responsables de l'utilisation du chlordécone n'ont pas été condamnés et dénonce ce qu'elle appelle une " justice de classe ".
La CGTG Banane accuse également les autorités de ne pas garantir suffisamment la protection de la population face à une contamination qu'elle juge toujours présente dans l'environnement. Le syndicat pointe notamment la question de l'accès à une eau qu'il considère comme totalement exempte de chlordécone et critique le manque d'informations en temps réel sur les risques liés à cette pollution.
Selon l'organisation, les conséquences sanitaires du chlordécone sont aujourd'hui trop importantes pour que le dossier se referme sur une absence de poursuites pénales.
Des revendications autour de la santé, réparation et la dépollution
Face à cette décision de justice, la CGTG Banane appelle les travailleurs et la population à renforcer le rapport de force. Elle demande notamment la reconnaissance de l'ensemble des maladies professionnelles qu'elle estime liées à l'exposition au chlordécone, l'indemnisation des victimes et de leurs ayants droit, ainsi que la condamnation des responsables qu'elle désigne.
Le syndicat réclame également l'accélération des opérations de dépollution des sols et de l'eau, ainsi que des garanties permettant aux travailleurs agricoles d'exercer leur activité dans un environnement qu'il qualifie de sain et sécurisé.
Dans son communiqué, la CGTG Banane établit un parallèle entre le scandale du chlordécone et l'histoire sociale des Antilles. Le syndicat évoque notamment la période de l'abolition de l'esclavage, estimant que les descendants des anciens propriétaires ont bénéficié d'indemnisations tandis que les anciens esclaves n'ont reçu aucune compensation.
Pour l'organisation syndicale, l'histoire se répète aujourd'hui à travers un système économique qui, selon elle, continue de privilégier les intérêts des grands propriétaires et de la filière bananière au détriment de la santé des travailleurs et des habitants.
Related News
En Suisse, Américains et Iraniens progressent sur les questions du Liban et Ormuz
Ingérences: Lecornu présente les risques et réponses avant la présidentielle
Coupe du monde 2026 : l'Arcom déclare la guerre aux IPTV illégales