Le vitiligo touche 1 à 2 % de la population mondiale. Cette dermatose auto-immune, qui se manifeste par des taches blanches sur la peau, est non contagieuse, mais souvent mal comprise. En Guadeloupe, où les peaux foncées sont majoritaires, la maladie peut avoir un retentissement psychologique important.
Le vitiligo est une maladie dermatologique dépigmentante qui se caractérise par l’apparition de taches blanches sur la peau. Elle résulte de la destruction des mélanocytes, ces cellules chargées de produire la mélanine qui pigmentent la peau et la protègent des rayonnements. Non contagieuse, elle n’est ni dangereuse ni mortelle, mais son impact psychologique peut être lourd. Selon l’Association française du vitiligo, environ 1 à 2 % de la population mondiale serait atteint. Une prévalence loin d’être négligeable, pour une pathologie encore largement méconnue du grand public. La prédisposition génétique est un facteur important, de l’ordre de 80 %. Une cinquantaine de gènes de prédisposition ont été identifiés. Mais les facteurs environnementaux comme la pollution et le stress jouent également un rôle, provoquant parfois des poussées après un conflit, un deuil ou une intervention chirurgicale.
Un retentissement psychologique profond
Le vitiligo est une maladie « affichante ». Le problème de santé est visible par tous, ce qui peut entraîner une atteinte de l’image de soi, une perte d’estime de soi et parfois un isolement social. En Guadeloupe, où les peaux mates et foncées sont majoritaires, les contrastes sont plus marqués, rendant les taches plus visibles. Les patients sont souvent désemparés face au manque d’informations et d’outils adaptés aux spécificités des populations antillaises. Le maquillage de camouflage, par exemple, n’est pas toujours adapté à la diversité des types de peau rencontrés sur nos territoires. De plus, il nécessite une formation et n’est pas remboursé, car considéré comme un produit cosmétique.
Contrairement à une idée reçue, le vitiligo se traite médicalement. En première intention, le traitement repose sur la photothérapie (UVB), soit naturelle via le soleil, soit délivrée par une cabine médicale. Le CHU de Guadeloupe, à l’Hôpital Ricou, dispose depuis 2012 d’une cabine de photothérapie de pointe. Pourtant, par manque d’information, de nombreux patients se tournent encore vers des traitements non conventionnels, comme ceux proposés à Cuba, plutôt que vers les traitements scientifiquement prouvés.
La prise en charge est médicale. Le patient est reçu en consultation spécialisée, et c’est le médecin qui confirme le diagnostic. Le traitement est pris en charge par la Sécurité sociale. Il nécessite une disponibilité : 2 à 3 séances par semaine, d’une durée de 5 à 10 minutes chacune, sur une période de 6 à 24 mois. Les patients constatent un brunissement progressif de la peau. « Le traitement est lent et ne guérit pas, mais les patients sont satisfaits », témoigne une infirmière spécialisée.
Opzelura : une avancée majeure, mais à quel prix ?
Depuis peu, un nouveau traitement est disponible : l’Opzelura. Cette crème, contenant du ruxolitinib, un inhibiteur qui ralentit la dépigmentation, est destinée aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans. Elle est prescrite par un dermatologue et disponible dans toutes les officines de Guadeloupe. Mais son prix est exorbitant : 838,39 euros le tube de 100 grammes. La Sécurité sociale prend en charge 65 % du coût, laissant 35 % à la charge du patient ou de sa mutuelle. Un reste à charge qui peut être rédhibitoire pour certains.
Un manque de données locales
La plateforme KARUKERARES, destinée à orienter les patients atteints d’une maladie rare et portée par le CHU de la Guadeloupe, n’a pas encore permis d’identifier, à ce jour, le nombre de personnes atteintes du vitiligo dans l’archipel. Un vide statistique qui rend difficile l’évaluation des besoins réels et la mise en place de politiques de santé adaptées. Le vitiligo n’est ni dangereux, ni mortel, ni contagieux. Il ne doit pas être source de discrimination ou d’exclusion. La maladie peut entraîner des problèmes d’atteinte de son image, de perte d’estime de soi. Isolés, certains patients sont souvent désemparés face au manque d’informations.
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