Au lendemain de la fusillade qui a coûté la vie à deux femmes et fait plusieurs blessés, dont un enfant de 7 ans, les réactions se succèdent en Guadeloupe. Élus, responsables religieux et représentants politiques dénoncent une nouvelle escalade de la violence et appellent à une mobilisation collective.
L'émotion reste vive après la fusillade survenue hier (30 juin) à Capesterre-Belle-Eau. Alors que l'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, les messages de soutien aux victimes et les appels à lutter contre la violence armée se multiplient. Tous soulignent l'urgence d'une réponse à la hauteur de l'insécurité qui frappe régulièrement l'archipel.
L'Église appelle à refuser " la fatalité "
Dans un communiqué, l'évêque de Guadeloupe, Monseigneur Philippe Guiougou, fait part de sa " profonde émotion " après cette fusillade qui a coûté la vie à deux femmes et blessé plusieurs personnes, dont un enfant.
Le prélat adresse ses condoléances aux familles endeuillées et assure les blessés de ses prières. Mais au-delà de l'hommage, il s'inquiète d'une violence devenue récurrente et de la circulation des armes à feu sur le territoire.
Rappelant qu'il avait déjà alerté en 2025 sur cette spirale meurtrière, l'évêque renouvelle son appel à une prise de conscience collective. Familles, éducateurs, associations, élus, forces de l'ordre, magistrats et citoyens sont invités à agir ensemble pour bâtir une société " plus fraternelle, plus juste et plus apaisée ". Selon lui, " aucun territoire ne peut s'habituer à voir le sang couler ainsi ".
La commune exprime son indignation
Le maire de Capesterre-Belle-Eau, Jean-Philippe Courtois, et le conseil municipal ont également réagi avec émotion. Ils présentent leurs condoléances aux proches des deux victimes et souhaitent un prompt rétablissement aux blessés, notamment à l'enfant de 7 ans touché lors de la fusillade.
L'équipe municipale dénonce des actes " d'une violence inacceptable " qui endeuillent une nouvelle fois la commune. " Nous ne pouvons plus tolérer que de tels drames viennent frapper notre territoire ", souligne le communiqué, rappelant que de nombreuses familles ont déjà été confrontées à des violences similaires ces dernières années.
La municipalité insiste également sur la nécessité de garantir la sécurité des habitants, qu'elle qualifie de priorité absolue.
Les socialistes réclament une réponse plus ferme
De leur côté, Olivier Nicolas, Loïc Martol et Nadia Carle-Martial, au nom de la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste, estiment que cette fusillade illustre une nouvelle étape dans " l'hyperviolence " qui touche la Guadeloupe.
Évoquant la possible implication du narcotrafic, ils dénoncent la progression de la circulation des armes et l'installation d'une économie criminelle sur le territoire. Selon eux, les moyens consacrés à la lutte contre les trafics, aux enquêtes judiciaires et au fonctionnement de la justice doivent être renforcés de manière durable.
Les responsables socialistes regrettent également que la Guadeloupe ne fasse pas entendre une voix plus forte sur les questions de sécurité, alors même que des conférences internationales consacrées à cette problématique se tiennent actuellement dans la Caraïbe.
Tous convergent finalement vers le même constat : face à une violence qui semble s'installer durablement, la Guadeloupe doit engager un sursaut collectif afin d'empêcher que de tels drames ne deviennent une fatalité.
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