" Une semaine après les secousses dévastatrices du 24 juin, le Venezuela bascule de l'urgence des sauvetages au temps du recueillement et de la survie. Mercredi 1er juillet, la présidente en charge, Delcy Rodríguez, a décrété mercredi 1er juillet sept jours de deuil national en hommage aux victimes,.
La véritable dimension de latragédie se dessine d'heure en heure. Mercredi soir, lors d'une allocution sur la chaîne d'État, le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a annoncé que le nombre de décès confirmés s'élevait désormais à 2 295. À ce lourd bilan s'ajoutent 11 267 blessés documentés et plus de 12 800 personnes officiellement déplacées. Si les autorités maintiennent publiquement que " l'espoir reste intact ", la réalité logistique raconte une autre histoire. Anticipant un bilan final dramatique l'ONU estimant toujours le nombre de disparus à près de 50 000, les Nations Unies ont entamé l'acquisition de 10 000 sacs mortuaires. Les équipes internationales de 30 pays, déployées dans les provinces du nord, amorcent désormais une transition inéluctable : passer des opérations de sauvetage à la récupération des corps ensevelis.
La lettre " D " pour sceller le sort des disparus
Dans l'État de La Guaira, épicentre des destructions, le silence remplace peu à peu le bruit des engins de déblaiement. À Catia La Mar et dans le quartier dévasté de Playa Grande, les façades effondrées affichent désormais une macabre signalétique. La lettre " D " (pour " décédé ") y est peinte, indiquant que le site a été fouillé et qu'aucun survivant n'est plus à espérer, selon les normes internationales. Au total, les 4 000 membres du personnel d'urgence ont réussi à extraire 6 461 rescapés des structures effondrées depuis le 24 juin. Mais ces sauvetages miraculeux, à l'image d'un enfant de trois ans sorti des gravats par une équipe jordanienne mardi dernier, sont devenus l'exception. La grande majorité des bâtiments touchés sont aujourd'hui balisés, et les équipes étrangères, à l'instar des secouristes américains, se retirent définitivement des sites où plus aucun signe de vie n'est détecté.
Le spectre des répliques et l'angoisse des rescapés
Pour les survivants, le cauchemar est loin d'être terminé. Les archives sismiques ont enregistré 782 répliques depuis le double séisme initial (magnitudes 7,2 et 7,5). Bien que leur fréquence et leur intensité diminuent, Jorge Rodriguez a mis en garde la population : " La menace semble diminuer, mais elle n'a pas disparu ". Les secours concentrent désormais leurs efforts sur l'évaluation structurelle des bâtiments restants pour éviter des effondrements secondaires. Autour de ces montagnes de béton, l'urgence humanitaire dicte sa loi. Selon la Nasa, environ 58 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits. Dans les rues, sur des terrains de sport ou dans des campements à ciel ouvert, des milliers de Vénézuéliens attendent sous un soleil de plomb, manquant d'eau, de nourriture et de médicaments. Pour beaucoup d'habitants de La Guaira, cette précarité absolue et l'odeur de mort qui sature l'air réveillent le traumatisme enfoui de 1999, année où des glissements de terrain titanesques avaient déjà englouti la région.
L'urgence sanitaire et humanitaire
Face au risque d'épidémies souligné par l'Organisation mondiale de la santé et à la montée des tensions sociales documentée par le Haut-Commissariat pour les réfugiés, le Programme alimentaire mondial (PAM) réclame d'urgence 50 millions de dollars pour assister 500 000 personnes sur trois mois. Un défi colossal pour un pays où, avant même que la Nasa ne recense 58 000 bâtiments détruits par ces séismes, près de 8 millions de Vénézuéliens dépendaient déjà de l'aide humanitaire.
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